Traduit de langlais (Etats Unis)
par Bernard Cohen
Belfond - 390 pages
Cinquième
roman de Douglas Kennedy traduit en français, Rien ne
va plus est un cadeau au lecteur français puisquil
sort dans notre pays, avant de sortir aux Etats-Unis. Il faut
dire que lauteur réside en Europe la plupart du
temps, puisquil partage son temps entre Dublin et le Sud
de la France.
Douglas Kennedy, âgé de 47 ans est un véritable
auteur. Lors dune interview donnée à un
journaliste de TF1, il déclarait écrire sur les
deux principaux centres dintérêt de lêtre
humain : le sexe et largent. Il est suffisamment intelligent
pour varier les angles et arriver à se renouveler.
Dans Rien ne va plus, le personnage principal est David Armitage,
un écrivain parti vivre à Los Angeles dans lespoir
de se faire un nom. Les années ont passé. La quarantaine
approche et David travaille dans une librairie doccasion.
Sa femme qui voulait être actrice, uvre dans le
télé-marketing. Toutes ses uvres ont été
rejetées. Jusquau jour où un de ses scripts
est accepté pour devenir le pilote dune série
satirique sur une grande chaîne de la télévision
câblée Ce que je vous raconte, et je ne vous
en raconterais pas plus, constitue les vingt premières
pages de ce roman.
Kennedy écrit sans doute contre son roman précédent
(La
poursuite du bonheur) chroniqué lannée
dernière dans ces colonnes. Il écrit à
cent à lheure comme si chaque ligne dépendait
de sa survie. Et le lecteur, sil veut bien se laisser
prendre par la main, ne tardera pas à ressentir un état
proche de la transe en tournant les pages. Vous louvrirez
et vous aurez vraiment du mal à le refermer sans lavoir
terminé.
Le défaut de ce roman est aussi sa qualité principale
: Kennedy nest pas un styliste, il est concentré
sur ce quil raconte. Il est aussi un remarquable constructeur
dintrigues qui peut mettre dans ses récits des
coups de théâtre à vous flanquer par terre.
De plus, les thèmes quil aborde sont passionnants
et parlent à chacun dentre nous : quest-ce
que réussir sa vie ? Quest-ce quun artiste
et où puise-t-il son inspiration ? Largent peut-il
faire le bonheur.
Pour une fois, je terminerais en posant une question à
mon éventuel(le) lecteur (lectrice) : jaimerais
savoir ce que vous avez pensé de la fin de ce roman.
Avez-vous été déçu(e) ? Ou au contraire,
avez-vous pensé quil sagissait de la fin
idéale et appropriée ?