AU
MAUVAIS ENDROIT,
AU MAUVAIS MOMENT
Simon KERNICK
Traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Nathalie Peronny
Fleuve Noir - 307 pages
Classique,
solide, mais sans grande surprise, ce roman de Simon Kernick
se laisse lire d’une traite.
Max Iversson a "un job assez simple à résumer.
[Il] dirige une agence de surveillance et de protection chargée
de fournir du personnel de sécurité à des
célébrités de second ordre, voire occasionnellement
à quelques buisenessmen véreux." Ancien militaire,
il se contente de ce travail tranquille aujourd'hui…
Il se fait un jour approcher par Ray Foyler, patron d'une boîte
assez louche. Foyler lui demande de l'accompagner pour une transaction
nocturne, "un échange discret"… Iversson
ne fait pas dans l'illégal, mais comme ça a plus
ou moins l'air honnête, il accepte, d'autant plus que
c'est bien payé. Foyler lui demande de prendre une arme.
Iversson tique, lui explique qu'il ne vit pas en Amérique,
qu'il n'a pas de permis de port d'armes… mais se charge
quand même pour l'affaire. Il prend ses deux meilleurs
associés, embarque Foyler et débarque au fin fond
de Londres, de nuit, dans un endroit qui lui fait hérisser
les poils sur la nuque et qui pue le traquenard à plein
nez…
Iversson se méfie mais ce qu'il ne pouvait savoir, c'est
que le danger viendrait de l'intérieur : son plus vieil
associé tue Foyler, son collègue, et réussit
presque à en faire autant avec lui, avant qu'il ne réussisse
à le tuer. Bref un beau bain de sang, dont il ne sait
qui est le commanditaire, mais il est bien décidé
à le retrouver. Le hic c'est que c'est lui qui se retrouve
suspecté par la police et qu'il est obligé de
se planquer… En parlant de police, on y trouve aussi l'inspecteur
Gallan, qui enquête sur la mort d'un videur de la boîte
de Foyler… D'ici à ce que les destins d'Iversson
et de Gallan se croisent, il n'y a pas loin…
Voilà du polar robuste. Bien emmené, solide, un
style sobre et efficace. Le rythme est soutenu, l'action avance
sur deux fronts avec la narration éclatée entre
les deux protagonistes principaux, l'histoire rebondit bien,
sans temps morts, avec une bonne chute. C'est du beau travail.