Hanif
Kureishi est un écrivain anglais dorigine pakistanaise
dont vous avez sûrement entendu parler. Dans les années
80, il a écrit les scénarios de certains films
de Stephen Frears (My beautiful launderette, Sammy et Rosie
senvoient en lair). Son premier roman, Le Bouddha
de banlieue, a eu un grand succès en Angleterre. Il a
été adapté pour la télé par
la BBC avec une musique de David Bowie. Le précédent
roman de Kureishi, Intimité, a été adapté
au cinéma par Patrice Chéreau et a obtenu lOurs
dor au festival de Berlin. Tout ça pour dire que
ce monsieur nest pas nimporte qui. Il a, par exemple,
traité brillamment de linfluence de lislam
sur les jeunes musulmans vivant en Grande-Bretagne (le livre
Black album, le scénario du film Mon fils le fanatique).
Un sujet qui nous interpelle forcément en ces périodes
de tension planétaire.
Voilà, en quelques mots, résumée la carrière
dun auteur de 45 ans qui ne laisse pas indifférent.
Un des rares dont on attende avec impatience les uvres.
Dautant quHanif Kureishi, comme les grands peintres,
a ses périodes. Il y eut les gros romans polyphoniques
et, depuis Intimité, nous avons la période dite
à la pointe sèche. Lauteur va à lessentiel
et ne cède pas à la facilité.
Doù vient donc mon relatif sentiment de déception
à la lecture de son dernier opus ? Pas de sa lecture
à proprement parler : ce livre se dévore facilement,
il ny a ni longueurs, ni ennui, à peine une impression
de fouillis au début. Et de quoi que ça cause,
ce bouquin ? Les parents de Gabriel, un adolescent de 15 ans,
se séparent et déjantent chacun de son côté.
Le père, un ancien guitariste ayant joué dans
les années 70 avec une Rock Star qui ressemble à
David Bowie, se réfugie dans un taudis. La mère
devient serveuse dans un bar et ramène ses amants à
la maison. Gabriel, lui, se rend compte de son talent dartiste.
Il peint et rêve de devenir cinéaste. Voilà
en gros la trame. Les thèmes abordés sont une
réflexion sur la célébrité, sur
ce qui reste du rock des années 70, sur les désirs
de ladolescence et sur la relation au père et à
la mère. On a le sentiment que Gabriel pourrait être
le parent de ses parents.
Ce nest pas inintéressant, ce nest pas non
plus passionnant. Kureishi a eu sans doute envie décrire
ceci en opposition à son roman précédent
où un homme quittait femme et enfants. Nous nous trouvons
ici placés du point de vue de lenfant. Vous pouvez
lire ce livre si les thèmes évoqués vous
touchent. Quant à moi, je ronge mon frein et jattends
le prochain roman de Kureishi.