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UNE SAISON SUR LA TERRE
Marc LAMBRON

Grasset - 353 pages
A quoi tient la lecture d’un auteur : les critiques littéraires qui vous donnent envie, les recommandations d’amis dont nous partageons les goûts, le plus souvent. Parfois aussi l’angoisse, un soir sur le quai du métro : "Je n’ai plus rien à lire !". Et alors direction le Relais H pour essayer de trouver un livre de poche pas trop nul. Tout cela pour vous dire que jamais je n’avais prémédité la lecture d’un roman de Marc Lambron et que donc, l’un de ces soirs, j’ai acheté Les menteurs. Une lecture agréable, les trajectoires de trois jeunes bourgeois lyonnais pas idiots : deux feront Normale Sup, au cours du dernier quart du XXe siècle.

Quelques mois plus tard paraît Une saison sur la terre. Et je ne résiste pas à la quatrième de couverture : un nouveau roman qui reprend les thèmes du précédent et consacre une place importante à la passion pour le rock, que j’ai partagé, de l’auteur.

Deux événements vont être le point de départ d’un retour vers le passé. Les retrouvailles fortuites avec la femme, premier grand amour, platonique, et modèle de l’un des personnages principaux du précédent roman, et l’occasion incroyable de réaliser des interviews de certains des guitaristes mythiques de la grande période du rock dans les studios tout aussi mythiques d’Abbey Road.

Le roman entrelace les réminiscences du passé : Lyon, les amitiés puis les amours adolescentes, la passion pour le rock anglo-saxon et les émois des premiers concerts, les années d’étudiant à Paris et les événements contemporains : les séances d’Abbey Road avec quelques portraits, sensible pour Eric Clapton, marrant pour Bill Wyman et Ron Wood, pas très tendre pour Mark Knopfler.

Tout n’est pas passionnant dans cette autobiographie romancée, notamment quelques incises du style "je connais du beau monde", depuis les grandes figures intellectuelles jusqu’à la jet set… Certains passages sur ce qui, faute d’un autre mot, peut être appelé "coïncidences qui font resurgir le passé" sont, par contre, très beaux car décrits avec sensibilité. Un passé, le nôtre mais aussi celui des écrivains qui nous sont devenus proches, qui n’est en fait jamais mort et qui affleure dans un paysage, une lecture.

Une saison sur la terre, une recherche du temps perdu qui n’est pas pure nostalgie car elle réserve aussi la joie du temps retrouvé (rendons à Marcel Proust…).


Jasmine Nemmiche
© Jowebzine.com - Juin 2006
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