Traduit du suédois
par Philippe Bouquet et Paul Dott
Série Noire - 337 pages
"Ce
n'est pas la première fois que Viktor Strandgard meurt. Dans
l'église de la Force originelle, il gît sur le dos les
yeux fixés vers le ciel qu'on découvre à travers
les immenses verrières. Comme si rien ne le séparait
du ciel noir de l'hiver, au-dessus." Ce n'est pas la première
fois car Viktor Strandgard, plus connu aujourd'hui sous le nom du
Pèlerin du Paradis, a été victime d'un terrible
accident de la route dix ans plus tôt. Emmené à
l'hôpital, il a été déclaré mort
cliniquement avant de revenir à la vie et raconter ce qui s'était
passé : il était monté au ciel, avait rencontré
les anges et Jésus Lui-même. Strandgard en avait tiré
un livre, devenu succès international, avait monté sa
propre église et, vu la ferveur mystique qui s'était
emparée de son expérience, était devenu une sorte
de messie Suédois, riche et adulé…
Mais Viktor Strandgard ne reviendra pas de sa deuxième mort
: il a bel et bien été assassiné (ce n'est pas
beau à voir) dans son église à Kiruna, en Laponie.
L'affaire est explosive. Le substitut arriviste Carl Von Post y voit
un bon moyen de se faire mousser et d'être promu ailleurs, les
pauvres flics, qu'il ne peut pas blairer, devant se plier à
ses exigences aussi bêtes que dénuées de fondement.
Rapidement Sanna Strandgard, femme de Viktor, est considérée
comme la suspecte numéro un. Elle appelle à la rescousse
Rebecka Martinsson, amie d'enfance qu'elle n'a plus vue depuis des
années à son secours. C'est ainsi que Rebecka, aujourd'hui
avocate fiscaliste à Stockholm, débarque à Kiruna,
où elle n'a pas remis les pieds depuis bien longtemps…
Horreur boréale, le premier polar traduit de Asa Larsson n'est
pas le roman le plus exaltants de ces derniers mois, ni le plus flamboyant
au niveau du style, mais il est bien mené. L'histoire, bouclée
en sept jours, dans ces contrées plus que glaciaires est carrée,
cela suffit pour faire un bon roman.