Nouveau
roman et nouveau style pour Hervé Le Corre qui nous entraîne
dans une histoire un peu "folle" où l'on ne s'ennuie
pas une seconde.
"Si je raconte ça à un cheval de bois, il me fout
un coup de pied. Je sentais bien venir, depuis le début, une
série d'emmerdes inédites, malgré une expérience
certaine dans ce domaine. Mais là, ça dépasse
tout. J'ai tué un mec. Je l'ai balancé à la baille.
J'ai aidé ce pauvre Vallès à se déguiser
en drag-queen et je l'ai vu, si, si, sauter du quatrième étage,
la minijupe au ras du paquet et la perruque de traviole, et rebondir
sur la bâche d'un camion. Il a tous les flics de la ville au
cul, il se fait manipuler par les services secrets, on se croirait
dans un de ces putains de films amerloques, et ça l'excite
plutôt, ça ne lui coupe pas l'envie de me sauter, en
tout cas. Ce mec a définitivement une case de vide et les autres
sont très mal rangées. Ça ressemble à
une commode après une perquise à la vache : tu peux
même plus refermer les tiroirs parce que les flics ont tout
arraché et quand t'essaies de mettre un peu d'ordre tu t'aperçois
que c'est tout déchiré, plus mettable, et que tu dois
en jeter la moitié."
Pas question de s'embêter dans ce nouveau roman d'Hervé
Le Corre, qui rompt avec sa production habituelle. D'un côté
Vallès, ancien flic complètement démoli de l'intérieur,
qui semble faire un bon pigeon, mais qui est trop ravagé pour
être contrôlable, d'un autre, l'envoûtante (du moins
pour Vallès) Edmonde, au rôle insaisissable et, en exergue,
une phrase de Eduardo Mendoza extraite du Mystère de la crypte
ensorcelée qui vous pose l'ambiance dans lequel le livre va
se dérouler.
C'est fou, aux rebondissements variés, ça part dans
tous les sens, on rigole et Hervé Le Corre n'oublie pas de
taper sur ceux qui massacrent "cet inquiétant début
de siècle"… A lire, pour découvrir une nouvelle
facette de cet auteur de talent.