Traduit de l'anglais (Etats-Unis)
par Isabelle Maillet
Rivages - 365 pages
Une
enquête policière dans laquelle vous découvrirez
ou retrouverez un couple de détectives privés
à Boston. Nos amis, nos sœurs et nos frères.
Patrick Kenzie est détective privé. Séparé
de sa partenaire et amie de cœur Angela Gennaro, il gère
les affaires courantes dans sa bonne ville de Boston. Un jour,
Karen Nichols, une jeune femme à l’allure de première
communiante, vient le trouver. Un homme la harcèle et
elle veut s’en débarrasser. Touché par son
aura d’innocence, Patrick lui rend service.
Six mois plus tard, une fille fait la une des médias.
Pute, toxico, elle s’est défenestrée. Il
s’agit de la même Karen Nichols. Que s’est-il
passé en six mois pour qu’une jeune fille de bonne
famille devienne une laissée pour compte de la société.
Patrick se dit qu’il aurait dû veiller davantage
sur elle.
Il va entamer une enquête dont il ne sortira pas indemne,
même s’il y a des chances pour qu’il croise
à nouveau la route d’Angela (Angie), en fin de
compte l’amour de sa vie.
Livre sur la manipulation, sur la peur que l’autre exerce
sur nous et sur le peu de temps qu’il faut pour qu’une
vie soit déstabilisée et sombre dans le chaos.
Cinquième et dernier roman consacré à nos
détectives préférés, Prières
pour la pluie conclut idéalement un quintette où
Angela Gennaro et Patrick Kenzie sont devenus en peu de temps
des classiques de la littérature policière contemporaine.
Dennis Lehane s’est fait connaître du grand public
grâce à Mystic
river ou Shutter
Island. Dans ces romans, il montre qu’il a le potentiel
nécessaire pour devenir le grand écrivain américain
qu’il n’est pas tout à fait encore. Grand
écrivain américain, il l’est lorsqu’il
reprend les codes du roman policier pour fouiller les poubelles
du rêve US brisé.
Les aventures de Kenzie et Gennaro lui permettent d’aborder
des thèmes tels que la drogue, la pédophilie,
la violence et l’absence de repères moraux. On
y trouve moins d’esbroufe que dans ses romans dits sérieux.
En fait, on pourrait comparer Lehane avec notre Daniel
Pennac national. Quand il faisait ses petits polars lus
par une poignée de fans, il était rudement bon.
Dès qu’on a commencé à l’encenser,
il a pris au sérieux tous les compliments qu’on
lui déversait sur le ciboulot. Bref, il s’est chopé
le melon. Et ses livres sont devenus moins sincères.
Il a compris qu’apprécié comme il l’était,
il pouvait se permettre de délayer la sauce.
Cependant, il demeure un auteur passionnant et n’oublions
pas ce qu’on ressent à la lecture de Prières
pour la pluie. Avec le temps, ses personnages sont devenus nos
compagnons. Nous les retrouvons comme ces amis que nous sommes
contents de revoir après une période d’absence.
On se rend alors compte qu’ils nous avaient fichtrement
manqués. Angie et Patrick, vous faites partie de ma vie
de lecteur et chacune de vos histoires a eu des répercussions
sur ma réflexion, la conscience que j’ai du monde.
Vous connaissez beaucoup d’écrivains capables de
donner cette impression-là ?