COUP
DE SOLEIL
Loin de l’adaptation récente de Steven Soderbergh,
le livre de Stanislas Lem se penche sur les limites de l’exploration
de l’univers par l’homme. Fascinant.
Si j'ai lu Solaris (le livre), j'avoue que c'est à cause
de Solaris (le film), qui a été à l'origine
d'une certaine insatisfaction intellectuelle. Je me suis sentie
un peu confuse devant tant de mystères et je pensais
trouver dans le livre des réponses ou des pistes. Si
vous êtes dans le même cas, oubliez ! Vous resterez
sur votre faim, encore une fois.
Par contre, si vous êtes disposé à découvrir
quelque chose de totalement différent… Parce que
hormis le fait qu'il y est effectivement question d'un équipage
de vaisseau spatial en orbite autour d'une planète mystérieuse
nommée Solaris, les ressemblances s'arrêtent là.
Une réflexion sur l’exploration de l’univers
Car le livre de Stanislas Lem n'est pas une histoire d'amour
(ce qui est le sujet du film), mais une réflexion sur
l'exploration de l'univers et les buts (véritables) de
la recherche scientifique. En pensant à cette dernière,
elle y est montrée comme inapte à résoudre
toutes les questions que se posent les êtres humains.
Ce livre est fascinant. Selon Lem, la seule raison qui nous
pousse à explorer l'espace n'est pas de découvrir
d'autres formes de vie que la notre mais bien des répliques
de la Terre et de sa population avec ses richesses et ses contradictions.
Or, devant Solaris, tout cela se brise car il s'agit bel et
bien d'une entité extraterrestre. L'océan de Solaris
est un seul et unique être vivant. Toutes les tentatives
de communication avec lui resteront vaines parce qu'il est différent
(au sens radical). Toutes les hypothèses formulées
par les habitants du vaisseau resteront sans réponses
parce que ces notions comme la morale ou la conscience sont,
somme toute, des créations humaines, incapables d'expliquer
les phénomènes mystérieux de Solaris.