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     LiVReS
 
UNE CANAILLE ET DEMIE
Iain LEVISON

Traduit par Fanchita Gonzalez Baille

Liana Levi - 240 pages
Les voleurs doivent absolument se méfier des honnêtes gens, et ce d’autant plus que l’honnêteté n’existe pas. Attention polar caustique et joyeux !


Après Un petit boulot, voici Une canaille et demie, le second roman de Iain Levison qui confirme que cet auteur nous procure un intense plaisir de lecture tout en nous délivrant un message qui titille nos neurones.

Un second roman est toujours le moment de vérité. L’auteur saura-t-il à la fois nous rappeler la réussite du premier et se renouveler de manière à ce qu’on n’ait pas l’impression de lire toujours la même histoire ?

Pari réussi ! Ce roman s’inscrit dans la droite lignée du précédent tout en apportant un éclairage et une thématique un poil différents.

Phil Dixon est un type qui a passé la plupart de son temps en prison. Il réalise un casse en compagnie de comparses qui se font prendre, mais lui a suffisamment d’expérience et de sang-froid pour s’en sortir avec un sac bourré de billets de banque. Malheureusement pour lui, il s’en sort aussi avec des égratignures et sa cavale l’emmène à Tiburn, paisible ville du New Hampshire, où son chemin va croiser celui d’un professeur d’histoire qui aime les jeunes femmes et qui vient d’écrire un essai quasi révisionniste sur le Troisième Reich.

Ajoutons Denise Lupo, une femme de 36 ans qui travaille au FBI et s’occupe des attaques de banque. Une femme amère car elle se rend compte qu’elle ne pourra jamais devenir Profiler à cause du machisme ambiant.

Iain Levison fait penser à Donald Westlake. Il partage avec lui le goût des personnages détonants et des morales élastiques. Ainsi, dans Une canaille et demie, la question sous-jacente est la suivante : comment se fait-il que nous ne soyons pas plus nombreux à braquer des banques ? C’est beaucoup plus raisonnable que d’être coincé dans son travail et/ou dévoré d’ambition.

La différence entre Levison et Westlake est que Levison se concentre sur son intrigue, là où Westlake se mettrait volontiers à délirer, à digresser.

La différence entre Levison et le gros des romans français parus pour la rentrée littéraire ? Le plaisir tout simplement.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Octobre 2006
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