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L’EPOUSE HOLLANDAISE
Eric McCORMACK

Traduit de l’anglais par Sabine Porte

Christian Bourgois - 335 pages
Une femme attend le retour de voyage de son mari. Elle ouvre la porte et un homme qu’elle ne connaît pas lui dit : - Bonjour, je suis ton mari… Formidable roman d’aventure et réflexion sur l’amour et la filiation.


Eric McCormack est né au Royaume-Uni et vit au Canada depuis 1966 où il enseigne la littérature du XVIIe siècle. Depuis plus d’une dizaine d’années, l’éditeur Christian Bourgois publie ses romans et ses nouvelles où riment imagination délirante et fantastique macabre. L’épouse hollandaise, qui vient de paraître, est d’une générosité délirante pour tous ceux qui aiment qu’on leur raconte une ou des histoires.

En effet, McCormack embarque son lecteur dans un entrelacs de trois ou quatre histoires qui oscillent entre roman d’amour fou, récit ethnologique et roman d’aventure à la Conrad ou Stevenson.

Le point de départ est le suivant : un romancier s’installe dans une des ailes d’une grande maison où il compte bien terminer son roman en cours. L’autre aile de la maison est occupée par un érudit de 70 ans passionné par les livres anciens les plus obscurs. Les deux hommes se croisent chaque jour dans le jardin de la grande maison. Tout pourrait en rester là, mais l’érudit tombe malade et l’écrivain va lui rendre visite à l’hôpital. Là, il apprendra qu’aucune vie n’est banale et que les évènements les plus incroyables ou farfelus peuvent se produire.

Dans un roman français contemporain dont il faut sans cesse dénoncer la frilosité et l’égocentrisme, L’épouse hollandaise fait tache. Ici, l’on trouve plusieurs narrateurs, des histoires dans l’histoire, des ruptures de rythme et des embardées. Et tel un chat chutant de quelques étages, le récit retombe sur ses pattes et nous emballe.

Au début, le lecteur se trouve dans la position d’un invité dans une soirée où il ne connaît personne. Il observe la scène qui se déroule devant lui et se considère davantage comme observateur qu’acteur. Puis, peu à peu, sans qu’il s’en rende compte, il devient partie prenante et se passionne pour ce qu’il voit et ce qu’il entend. À là fin de la soirée, il se rend compte qu’il vient de passer un moment inoubliable.

Ce roman agit donc comme un filtre. Il vous conquiert sans que vous vous en doutiez. Il s’imprime dans votre mémoire et vous hantera longtemps.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Février 2005
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