Une
femme attend le retour de voyage de son mari. Elle ouvre la
porte et un homme qu’elle ne connaît pas lui dit
: - Bonjour, je suis ton mari… Formidable roman d’aventure
et réflexion sur l’amour et la filiation.
Eric McCormack est né au Royaume-Uni et vit au Canada
depuis 1966 où il enseigne la littérature du XVIIe
siècle. Depuis plus d’une dizaine d’années,
l’éditeur Christian Bourgois publie ses romans
et ses nouvelles où riment imagination délirante
et fantastique macabre. L’épouse hollandaise, qui
vient de paraître, est d’une générosité
délirante pour tous ceux qui aiment qu’on leur
raconte une ou des histoires.
En effet, McCormack embarque son lecteur dans un entrelacs de
trois ou quatre histoires qui oscillent entre roman d’amour
fou, récit ethnologique et roman d’aventure à
la Conrad ou Stevenson.
Le point de départ est le suivant : un romancier s’installe
dans une des ailes d’une grande maison où il compte
bien terminer son roman en cours. L’autre aile de la maison
est occupée par un érudit de 70 ans passionné
par les livres anciens les plus obscurs. Les deux hommes se
croisent chaque jour dans le jardin de la grande maison. Tout
pourrait en rester là, mais l’érudit tombe
malade et l’écrivain va lui rendre visite à
l’hôpital. Là, il apprendra qu’aucune
vie n’est banale et que les évènements les
plus incroyables ou farfelus peuvent se produire.
Dans un roman français contemporain dont il faut sans
cesse dénoncer la frilosité et l’égocentrisme,
L’épouse hollandaise fait tache. Ici, l’on
trouve plusieurs narrateurs, des histoires dans l’histoire,
des ruptures de rythme et des embardées. Et tel un chat
chutant de quelques étages, le récit retombe sur
ses pattes et nous emballe.
Au début, le lecteur se trouve dans la position d’un
invité dans une soirée où il ne connaît
personne. Il observe la scène qui se déroule devant
lui et se considère davantage comme observateur qu’acteur.
Puis, peu à peu, sans qu’il s’en rende compte,
il devient partie prenante et se passionne pour ce qu’il
voit et ce qu’il entend. À là fin de la
soirée, il se rend compte qu’il vient de passer
un moment inoubliable.
Ce roman agit donc comme un filtre. Il vous conquiert sans que
vous vous en doutiez. Il s’imprime dans votre mémoire
et vous hantera longtemps.