Vieille
France ou le sens de l'honneur de Mademoiselle Drot, gouvernante
au service d'une famille juive pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Ce roman est l'histoire d'une vie et d'une époque : Mademoiselle
Drot, issue d'une famille versaillaise militaire et ardemment
catholique, est rejetée par sa mère (son père
est mort), car elle est tombée enceinte et a mis au monde
une petite fille sans être mariée. Contrainte de
trouver du travail, elle devient gouvernante à Paris
dans une famille de grands bourgeois juifs. Elle confie sa fille,
pour laquelle elle n'a pas d'affection, aux religieuses. Ainsi
commence son aventure au service de cette famille, nous sommes
en 1938...
Je garderai de ce roman la voix de Bénédicte Drot,
qui raconte ses souvenirs au seuil de sa mort à Dolorès,
que nous supposons être la gouvernante qui lui succèdera,
et nous l'entendons.
Nous l'entendons nous raconter sa vie : une vie de travail,
de courage, de fidélité, de foi et d'espoir au
service de son pays, de sa famille adoptive et de sa fille.
Bénédicte a le sens de l'honneur et du devoir
: elle participera indirectement à la Résistance
et sauvera à la Libération une jeune femme honteusement
tondue en place publique pour collaboration horizontale avec
l'occupant, n'aura de cesse de préserver sa nouvelle
famille du sort tragique réservé aux juifs durant
cette période, en particulier le fils de sa patronne,
Max, qu'elle aimera comme le fils qu'elle n'aura jamais et aidera
matériellement sa fille mal aimée du mieux possible.
Le style est concis et va à l'essentiel, les personnages
sont bien campés, décrits judicieusement et extrêmement
attachants. Ce roman est très émouvant, particulèrement
la fin où je n'ai pu m'empêcher de verser une petite
larme... un léger vent agréable de nostalgie le
traverse, cette France-là n'est guère plus que
dans les livres...