La
Gloire des Pythre est un bijou ! Très beau livre sur la campagne
profonde, sur les villages de Corrèze où il est difficile
de s’installer si l’on n’en est pas natif et où
les villageois sont prompts à vous regarder de travers.
Autant le dire tout de suite, ce roman n’est pas une saga de
l’été à lire distraitement au bord de l’eau,
c’est un roman très beau mais exigeant, tant envers lui-même
que pour le lecteur.
Il est difficile d’écrire sur la Gloire des Pythre, car
la plume de votre serviteur n’égale pas celle de Richard
Millet et parce que je ne voudrais pas "vulgariser" le roman.
Difficile aussi de citer un passage tant le livre est dense, et tant
l’atmosphère est restituée sur la longueur.
Toujours peut-on dire que l’histoire débute par le pourrissement
des corps de ceux qu’on ne peut mener au cimetière à
cause de l’hiver trop rigoureux, putréfaction qui empeste,
traumatise et marque de façon indélébile les
vivants, et tout spécialement André Pythre, garçon
taciturne et secret qui devra vivre avec le souvenir de l’odeur
de sa propre mère, et apprendre trop tôt à devenir
un homme.
La lecture de la Gloire des Pythre est une véritable plongée
dans la rudesse paysanne, le récit se fait d’un bloc,
sans saut de ligne ni dialogue.
L’auteur joue à merveille avec le temps : il est capable
de raconter précisément et longuement une journée
comme il sait condenser 4 ans de guerre en quelques lignes à
peine, un ou deux paragraphes où l’essentiel est pourtant
dit.
Richard Millet est sans conteste un grand écrivain, et la Gloire
des Pythre un livre exceptionnel.