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SUR LE DEPART
Magnus MILLS

Traduit de l’anglais
par Jean-François Merle

10/18 – 220 pages
Un jeune homme vient de passer une semaine de vacances dans un camping. Les congés d’été viennent de se terminer, mais il décide de rester une semaine supplémentaire. Ensuite, il a prévu de partir traverser l’Inde en moto. Le patron du camping lui demande d’effectuer quelques travaux manuels avant son départ.

Tel est le point de départ de Sur le départ, un des romans les plus bizarres que j’aie lu ces derniers temps. Un roman où le temps qui passe ressemble autant à un étouffement qu’à un enlisement.

L’auteur, Magnus Mills, est né en 1954 et a été conducteur de bus à Londres. Il faut croire qu’il s’agit là d’une expérience Kafkaïenne puisque son précédent roman (Retenir les bêtes) et celui-ci montrent des hommes piégés par un labeur absurde et objets de rapports de force qui ne tournent guère à leur avantage. En effet, c’est déroutant et stimulant à la fois. Je ne vois pas d’autre comparaison possible que Kafka ou Samuel Beckett. On parle, mais on ne se comprend pas. Les rapports humains sont teintés d’absurde et de désespoir.

En même temps, Magnus Mills excelle à dépeindre l’existence quotidienne dans des trous paumés au cœur du Royaume-Uni. Ces trous paumés, où chacun connaît son voisin et ses habitudes. Une épicerie, un ou deux pubs, voilà tout le décor ! Dans ce roman, comme dans le précédent, aller boire un verre le soir au pub devient en quelque sorte l’apothéose de son emploi du temps et des liens qu’on tisse dans une communauté donnée. Ici le personnage principal joue aux fléchettes comme Indiana Jones partant en quête de trésors mystérieux.

Retenir les bêtes était un roman ponctué de violence et qui se terminait de façon cruelle. Dans Sur le départ, tout est étouffé, mais la menace demeure présente. L’homme est fait pour être l’esclave de son proche et toute tentative de rapprochement auprès du sexe féminin est improbable.

Non, décidément, si j’ai un conseil à vous donner, c’est de dire bonjour au chauffeur du bus que vous prenez tous les jours. Dites-lui bonjour et souriez-lui. Si cet homme ressemble à Magnus Mills, il est sûrement dangereux, ou fou à lier.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Novembre 2002
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