Quatre
nouvelles de Mishima pour 2 euros seulement. Un bon moyen de
s'initier à la prose du maître avant d'aller plus
loin dans son univers littéraire.
Dojoji, jeune femme fantasque, veut racheter le lit-armoire
dans lequel son amant a trouvé la mort. Koyumi et Kanako,
petites geishas tokyoïtes reprennent le chemin ancestral
des sept ponts qui devra exaucer leurs vœux les plus chers.
Le lieutenant Shinji Takeyama, bouleversé par le soulèvement
militaire contre les troupes impériales, se prépare
pour la cérémonie du seppuku et son épouse
s’apprête à ses cotés à le
suivre dans la mort. Au cours d’un anniversaire, une invitée
perd la perle de sa bague au milieu des dragées.
Voilà de quoi parlent les quatre nouvelles qui forment
cet opuscule à la gloire des maîtres un peu ignorés
de la littérature - et de Folio qui rebondit sur l’exhumation
à pas cher façon Mille et Une nuit. Tout ça
emballé pour 2 euros. Bon, ça c’est pour
la balance.
A côté, c’est un parfait didacticiel de l’écrivain
japonais, un petit Mishima illustré dans lequel se télescopent
les thèmes habituels de l’auteur pugiliste de La
mer de la tranquillité : les rencontres violentes entre
deux Japons qui se côtoient inexorablement, le moderne
et le traditionnel - la nouvelle Les sept ponts servant ici
de point d’orgue - et les mouvements tectoniques que déclenchent
forcément leurs frôlements.
Et puis, comme un teaser à l’œuvre globale,
il y a la nouvelle Patriotisme ou le récit par le menu
d’un seppuku, soit la version complète du hara-kiri,
cérémonie martiale, austère et d’une
froide dignité dans laquelle Mishima se mit lui-même
en scène en novembre 1970 lorsqu’il choisi de se
donner la mort après une sorte d’épique
coup d’état manqué.
Ces quatre nouvelles sont un excellent moyen de découvrir
Mishima ou d’en rester là, un peu comme l’échantillon
de parfum qu’on vous refile dans la poche chez Séphora.
Des fois ça marche. Mais Mishima ça se tente.
Même en dosette.
PS : à lire dans les bons conseils de l’Oncle
Dupuis, la trilogie de Romain Slocombe chez Série Noire
(Brume de printemps, Un été japonais et Averse
d’automne) qui, à chaque épisode, nous
divulgue une version de la mort de Mishima