Pour
les amateurs, un thriller historique dense et efficace sorti
de la plume, de l'imagination et de l'érudition de deux
historiens et journalistes Italiens passés maîtres
du genre.
Prenez une poignée de voyageurs de passage à Rome,
enfermez-les dix jours dans une auberge cloîtrée
pour cause de risque d'épidémie de peste, situez-le
tout dans un XVIIe siècle finissant riche en événements
politique majeurs, laissez planer l'ombre des quelques grands
de cette époque (Louis XIV, Fouquet, Guillaume d'Orange
et le Pape Innocent XI), écoutez aux portes et notez
scrupuleusement ce que vous entendez : vous obtiendrez un de
ces thrillers historiques à la mode ces temps-ci.
Pourtant, sous la plume de Rita Monaldi (historienne et journaliste)
et de son compagnon Francesco Sorti (musicologue spécialiste
du XVIIe siècle), les 800 et quelques pages de ce roman
fleuve se lisent d'un trait.
Il faut dire que l'histoire est vite captivante et riche d'informations
sur les intrigues des cours européennes de l'époque,
leurs rivalités politiques, les influences occultes,
mais aussi sur la musique, la peinture, la médecine et
l'astrologie. Les personnages rencontrés dans Imprimatur
ont d'ailleurs presque tous existé, tel Atto Melani,
abbé, castrat, diplomate et espion de Louis XIV, chargé
par celui-ci de retrouver Nicolas Fouquet (qui ne serait pas
mort en 1680 dans sa prison de Pignerol), véritable moteur
de cette enquête historique.
Vous l'aurez compris, tous les ingrédients sont réunis
par les auteurs qui auront consacré 10 ans de leur vie
à mener à bien les recherches destinées
à ce roman qui ne souffre, à l'arrivée,
d'aucun défaut majeur. On regrettera simplement certaines
longueurs ou inutiles démonstrations d'érudition
qui, si elles avaient été évitées,
auraient permis de dynamiser encore une narration que l'on aimerait
parfois plus nerveuse.