Traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Freddy Michalski
Rivages/Noir - 198 pages
Après
le Codex de Syracuse, Jim Nisbet revient avec un roman plus court
mais tout aussi réussi. A lire sans délai.
Que Banejhee Rolf soit surnommé BJ par sa femme qu'il adore
n'est pas un problème. Mais que Toby Pride use de ce surnom
le met dans des colères folles. Colères contenues, BJ
est un homme adorable. Ce n'est pas le cas de Pride, son voisin "pas
très reluisant", mais sacrément collant. BJ n'arrive
pas à s'en débarrasser. Tous les jours, depuis son licenciement,
BJ se réfugie dans son jardin pour y trouver paix et sérénité,
mais immanquablement Pride passe le nez par-dessus la haie pour discuter.
Pride, sa morgue, son assurance, ses revenus louches, son amie somptueuse
au QI limité… Et aujourd'hui Pride vient le bassiner
pour prendre des tickets de Loterie, avec de superbes théories
à l'appui… A priori, ce n'est pas le genre de chose à
modifier radicalement le cours de l'existence, mais un ticket, une
épouse qui part en voyage voir son fils, et tout le talent
de Nisbet vont vous montrer, de façon somptueuse, le contraire.
Après le long Codex
de Syracuse (un des meilleurs bouquins de 2004, ne me dites pas
que vous ne l'avez pas lu…), Jim Nisbet nous propose, pour notre
plus grand bonheur, une excellente variation sur la farce du destin.
Une petite histoire tranquille qui va déraper de façon
plus qu'inattendue, des personnages très travaillés,
une réflexion acerbe sur le modèle social et économique
du travail américain, tels sont les éléments
principaux de ce trop court livre du grand Nisbet.