Traduit de l’anglais (Irlande)
par Philippe Loubat-Delranc
Belfond - 360 pages
LE
JOURNAL DE JOE FLOOD
Plus les problèmes s’accumulent pour Joe Flood,
plus son histoire devient drôle. En Irlande, le sens de
l’humour et les pintes de bière font bon ménage.
À votre santé !
Damien Owens, l’auteur des Trottoirs de Dublin (Dead cat
bounce en version originale) est né en Irlande en 1971.
Au-delà des étapes obligatoires de sa vie (il
a fait des études, des petits boulots et maintenant il
vit de sa plume), on ne sait pas grand-chose de lui. Et ce malgré
des recherches sur Internet qui feraient passer Sherlock Holmes
pour un dilettante.
Et cela est bien dommage car, à la lecture de ce roman,
Damien Owens est devenu notre ami, notre copain, notre pote.
Et rien ne nous ferait plus plaisir que de lui téléphoner
pour aller boire une bière dans un pub enfumé.
Ce gars-là nous touche, nous émeut. On a envie
de discuter avec lui jusqu’aux petites heures de la nuit.
Garçon une autre pinte de bière !
Les filles ont fait un succès planétaire au Journal
de Bridget Jones. Elles ont transformé un bouquin sympa
en phénomène de société. Franchement,
je me demande pourquoi le même miracle ne s’est
pas produit avec Les trottoirs de Dublin et son personnage principal
Joe Flood. Un type emblématique des célibataires
entre 25 et 35 ans.
Joe travaille dans les Relations Publiques. Il s’occupe
de journaux d’entreprise, mais il est mal à l’aise
dans cet univers de requins yuppies et n’a aucune volonté
de carriérisme. Il reporte tous ses rêves de gloire
dans l’écriture d’un scénario pour
Hollywood.
Joe apprend que l’entreprise dont il supervise le journal
interne est menacée de fermeture. Dans cette entreprise,
travaille la « fille au cul d’enfer » qui
a cassé le nez d’un copain de Joe dans un pub alors
le dit copain tenait des propos sexistes sur les filles en général.
Comme si Joe n’en avait pas assez sur le dos, sa mère
l’appelle en larmes et lui demande de revenir de toute
urgence au village natal. Sa sœur est enceinte et le père
ne veut pas reconnaître l’enfant. Joe doit prendre
la place de son père décédé et devenir
l’homme de la famille.
Ce roman est écrit à la va comme je te pousse.
Il n’y a pas de style à proprement parler mais
quantité de verve et de gouaille. L’art de faire
rire de choses pas forcément tordantes : qu’il
s’agisse des contraintes du monde du travail où
l’on doit être compétitif et sans scrupules
ou qu’il s’agisse d’une famille engoncée
dans une morale religieuse étouffante.
Il s’avère que ce roman sans prétention
se lit d’une traite et qu’il vous donnera plus de
plaisir que bien des pavés qui mettent 500 pages à
vous déprimer. Faire rire permet de faire réfléchir.
On attend avec impatience le prochain roman de notre copain
Damien et pourvu que nous soyons de plus en plus nombreux à
l’attendre !