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     LiVReS
 
L’AUTOMNE A CUBA
 Leonardo PADURA
 
Traduit de l’espagnol
par René Solis et Mara Hernandez
 
Métailié - 238 pages
L’automne à Cuba est le dernier livre d’une tétralogie écrite par Leonardo Madura et qui raconte la vie et les enquêtes de Mario Conde, policier et écrivain de 35 ans. Même s’il est recommandé de commencer par Passé parfait, vous pouvez lire ce livre sans avoir lu les précédents. Oui, si l’été français avec son lot d’intempéries, de pluie glacée et de problèmes mineurs de société d’abondance vous irrite, vous pouvez vous plonger dans un univers moite où règne la corruption, comme dans tout vrai roman noir, et où les gens qui n’ont rien ont au moins la générosité du cœur.

Le supérieur de Mario Condé, amicalement appelé le Vieux, vient d’être mis à la retraite, portant le chapeau dans une histoire de corruption. Mario, attaché à son chef a donné sa démission. Il souhaite se consacrer à l’écriture. Un nouveau supérieur lui demande de régler une dernière enquête, en trois jours, avant que sa démission ne soit acceptée : Miguel Forcade qui s’occupait de la répartition des biens des riches Cubains ayant fui le régime castriste s’est enfui de la Havane en 1978. Plus de 10 ans plus tard, il y fait un séjour pour voir son vieux père malade. On retrouve son cadavre dans l’eau d’une fosse d’épuration, le crâne défoncé à coups de batte de base-ball, les parties génitales arrachées. Qui l’a tué et pourquoi ?

Ce qui est intéressant dans les romans de Padura, outre le style riche propre aux auteurs Caribéens, est la description du monde dans lequel vit Mario Condé. Ses collègues mais aussi ses amis. Notamment son meilleur ami qu’on surnommait "le maigre" avant qu’il n’aille combattre en Angola et se prenne une balle dans la moelle épinière. Désormais, le maigre, "el flaco" est obèse et cloué sur un fauteuil roulant. Quand les deux amis se retrouvent, ils boivent du rhum et écoutent leurs cassettes préférées : Creedence Clearwater Revival et les Beatles. Et la mère de son ami prépare toujours des dîners qui vous mettront l’eau à la bouche.

Ce que j’aime et qu’on retrouve dans ce roman, c’est que Padura, comme son héros, est un résistant. Il vit à Cuba, et constate les terribles ratages de la révolution castriste. Il pourrait partir, mais en ce cas, qui témoignerait de la réalité telle que la vivent les Cubains ?

L’automne à Cuba se passe dans l’attente de l’ouragan Felix. En automne, chaque année, un ouragan vient ravager le paysage. Les Cubains sont donc habitués aux catastrophes naturelles. Ils attendent que ça passe et ils survivent…


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Juillet 2002
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