Avec
le commissaire Sportono, Santo Piazzese a créé
un beau personnage de polar, lucide et nonchalant, que l’on
aime suivre dans cette enquête qui le touche de près.
"Grâce à sa longue fréquentation des
cadavres, des gens assassinés, sous les traits défigurés
de l'homme, ce visage dévasté, cette boucherie,
lui était revenu le souvenir d'un enfant aux cheveux
roux, comme un lointain éclair de l'enfance. Il se serait
bien passé des vertus de cette accoutumance. Il en avait
tant vu, le commissaire Sportono. Beaucoup trop vu. Et il aurait
bien fait l'économie de ce double meurtre. Que son ami
Lorenzo La Marca aurait défini comme un cas de saturnisme
calibre 12, un empoisonnement au plomb. Un faux cynique, Lorenzo."
Un double meurtre qui touche particulièrement le commissaire
car une des victimes est son ami d'enfance Rosario. Le crime
semble être mafieux, la première victime étant
bien connue de la police, mais que venait faire Rosario dans
la 127 du mafieux ?
"Qu'est-ce qu'il fichait, dans la 127, avec un type comme
Mancuso ?", c'est la question qui va hanter le commissaire
Sportono… Mais, rapidement, les évidences vont
tomber et la réalité va être beaucoup moins
angélique que les souvenirs d'enfance…
Avec nonchalance, Santo Piazzese promène son commissaire
dans les rues d'une Palerme qu'il affectionne mais sur laquelle
il pose un regard parfaitement critique. Le comportement mafieux
qui corrompt voisine avec cette magnifique architecture, la
faiblesse humaine avec la cuisine raffinée… C'est
calme, posé, à l'humeur vagabonde, tout comme
cet original commissaire.