Premier
roman d’un universitaire romain, Avec les pires intentions,
à la fois saga familiale et roman d’apprentissage, nous
conte l’histoire de trois générations d’une
famille juive italienne. Ceux d’entre vous qui ont aimé
la verve (je ne dirai pas l’humour juif) des premiers romans
de Philip Roth devraient apprécier.
Une famille de juifs assimilés, membres de la haute bourgeoisie
romaine. Le premier portrait est celui des grands-parents et surtout
du grand-père. Personnage haut en couleurs, amateur de femmes,
attachant par son inconscience, son égoïsme… Il
aura connu le fascisme, l’anti-sémitisme et la déconfiture
financière sans y perdre sa joie de vivre qui se traduit essentiellement
par un appétit sexuel inextinguible.
Sa descendance aura donc fort à faire pour pouvoir exister
à côté de ce "monstre". Ses fils tout
d’abord : l’un se révoltera et choisira une voie
incompréhensible pour ce grand bourgeois assimilé, le
second, plus conforme aux attentes évitera néanmoins
la flamboyance paternelle.
Le narrateur est l’un des petits-enfants, né d’un
mariage "mixte". Son enfance puis son adolescence au sein
de cette famille ne sont pas des plus épanouissantes. Cette
partie du roman est d'ailleurs plus faible car les émois du
jeune homme sont plus classiques.
La relation au judaïsme, à l’Etat d’Israël,
les problèmes de l’assimilation, le snobisme de la grande
bourgeoisie sont à la base de cette histoire familiale et l’auteur
prend le parti de ne rien nous cacher des lâchetés, ni
de l’égoïsme des siens.
Cette narration est souvent au vitriol et nous, lecteurs, assistons
à ce règlement de comptes en riant, parfois jaune.