Pas
de chance pour Nicolas qui, la même semaine, perd son
boulot, sa bagnole et son plus vieux pote… Le boulot,
c'est pas trop grave, la bagnole, il peut en faire l'économie,
son plus vieux pote… C'est là que les ennuis commencent.
Car sa veuve lui demande d'enquêter sur cette mort étrange
: non seulement il a fait un arrêt cardiaque alors qu'il
avait "un cœur en béton", mais en plus,
quelques jours avant, dans un message étrange sur le
répondeur, il avait dit "qu'il fallait en parler
à Nico, lui, il saurait certainement"…
Mais Nico, il a pas le profil de Marlowe… Il a certes
du temps libre "ils me virent, mais avec un petit pécule
qui va m'amener tout doucement à la retraite, si je ne
fais pas de folies, comme m'acheter une nouvelle paire de rollers
ou traverser l'Altaï à pieds", mais c'est tout…
Mais "avoir, du jour au lendemain, du temps devant soi,
paraît-il, peut rendre les gens dingo"… Et,
bien malgré lui, Nico chausse sa jambe de bois, sur les
traces de Marlowe…
"C'est ce qu'on appelle une véritable série
noire." Avec une telle première phrase, on ne peut
que s'attendre à une série noire à la Pouy,
c'est-à-dire fortement orientée du côté
de Chandler, avec quelques fixations telles ce livre sur les
palmiers, le cinéma d'avant-garde et les souvenirs du
H4, le Lycée Henri IV. Et on n'est pas déçu.
Il y aurait eu moins de souvenirs d'Henri IV (mais comment faire
autrement avec un livre qui s'appelle H4 Blues), ce livre aurait
figuré parmi les meilleurs de Pouy : tout y est, le style,
la poésie, l'empathie dans les personnages, leurs étranges
relations, leurs coups de tête… Mais "le monde
bigarré de l'adolescence débarquait en force"
et parfois, c'est trop, et ça casse le rythme.