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     LiVReS
 
LES SOURIS ONT PARFOIS DU MAL
A GRAVIR LA MONTAGNE

 Vincent RAVALEC
 
Points Virgule - 156 pages
Les souris ont parfois du mal à gravir les montagnes… Vincent Ravalec aussi. Tant qu’il s’agit de gravir des collines (écrire des nouvelles), tout va bien. Tout va même très bien. Ravalec est certainement l’un de nos nouvellistes contemporains les plus talentueux. Thèmes urbains, crus, glauques et sans concession, il n’a pas son pareil pour brosser, en quelques pages, des histoires d’une noirceur absolue. A ce titre, Vol de sucettes et Recel de bâtons, ses deux premiers recueils de nouvelles publiés au Dilettante en 1995 sont exemplaires.

Malheureusement, Vincent Ravalec se pique aussi de gravir des montagnes (écrire des romans). Et là, malgré tous nos a-priori favorables, le randonneur de talent s’avère piètre alpiniste. La distance et l’altitude ne lui conviennent pas. Entre essoufflement et remplissage, les romans de Vincent Ravalec déçoivent. Un pur moment de rock’n’roll, Cantique de la racaille, Magie noire, L’effacement progressif des consignes de sécurité… autant de romans aux titres brillants (Vincent Ravalec a un vrai talent pour les titres) mais aux développements décevants.

Pour être tout à fait complet, il est important de préciser que notre auteur prolixe se pique aussi de cinéma et d’adaptation de ses romans (Cantique de la racaille) ou de ses nouvelles. Une récente "compilation" de ses courts-métrages (La merveilleuse odyssée de l’idiot toboggan) vient d’ailleurs de sortir en salle – ah, ce don des titres ! Et comme, avec Ravalec, rien ne se perd, Les souris ont parfois du mal à gravir les montagnes raconte… son expérience de réalisateur !

Malheureusement, retombant inexorablement dans ses péchés mignons, passé un titre "de compétition", notre nouvelliste préféré s’enlise dans une histoire totalement autobiographique qui met en situation Vincent Ravalec réalisateur. On a ainsi droit, en vrac, à la première journée de tournage du premier court-métrage, à la course aux petits festivals de province, à la recherche de fonds pour le premier long-métrage, aux affres du créateur et de son producteur pendant le tournage, à Cannes et ses mondanités "Canalplussiennes", etc. Au total un collage gentiment grinçant sur le monde du cinéma, mais surtout un collage approximatif qui, s’il fait parfois sourire, n’empêche jamais le lecteur de se dire que décidément ce Ravalec a bien du talent mais qu’il s’inspire trop du nom de son premier éditeur : le Dilettante.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Avril 2002
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