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     LiVReS
 
JOSHUA
Mordecai RICHLER

Traduit de l’anglais
par Françoise Jaouen

Editions Buchet-Chatel - 615 pages
Roman-gigogne, Joshua nous montre le Québec du point de vue francophone et nous rappelle que l’humour juif couplé au non-sens anglo-saxon est un cocktail plein de vitamines.


Pourquoi s’embarquer dans la lecture d’un gros bouquin de 600 pages ? Quel élément peut-il motiver un tel investissement de temps et d’intérêt ?

Telles sont les questions que l’on se pose en entrant dans Joshua, le roman touffu de Mordecai Richler publié au Canada en 1980 et débarquant chez nous avec 24 ans de retard.

Joshua passe constamment du présent au passé et nous raconte la vie d’un juif canadien anglophone à Montréal, à Londres et à Ibiza entre autres lieux. Joshua et son père, ex-boxeur reconverti dans les affaires illégales et initiant son fils aux subtilités de la religion juive. Joshua et sa mère, danseuse exotique reconvertie dans le militantisme féministe. Joshua et l’amour de sa vie, la belle Pauline issue d’une famille de la grande bourgeoisie. Pauline qu’il a fallu conquérir et dont la conquête n’est jamais terminée. Ah l’apprentissage des milieux snobs pour un juif un peu canaille !

Joshua écrit des livres, mais il est connu en tant que journaliste officiant à la télévision. Au début du roman, il se remet d’un accident et le monde entier vient d’apprendre que lui, Joshua Shapiro avait entretenu une liaison homosexuelle avec un grand écrivain anglais. Des photos sont parues dans la presse. Le scandale est énorme.

Richler nous livre des pistes, mais il ne nous donne pas immédiatement les clés qui nous permettraient d’avoir tous les éléments. Le lecteur, au départ, est comme un enquêteur qui essaye de démêler le vrai du faux.

Il est plongé dans une catégorie romanesque assez connue des amateurs : le roman juif américain, catégorie dans laquelle on croise Bernard Malamud, Saul Bellow ou Philip Roth, dans ses premiers romans. Le roman juif américain, catégorie en voie d’extinction, a pour caractéristique de raconter la vie d’un personnage principal en le connectant à son rapport à la communauté juive, à sa famille, aux femmes et au monde.

Et voici peut-être une bonne raison de se lancer dans la lecture de Joshua : L’auteur nous entraîne dans un univers qui prend la proportion d’un mode, qui nous est proche et dans lequel on se sent bien. Un monde un poil plus cinglé que le nôtre, mais à peine.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Juin 2004
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