Qui,
mieux que l'ancienne directrice du MI5, peut trousser un roman
d'espionnage efficace ? C'est ce que Stella Rimington a dû
se dire en écrivant L'invisible. Elle a bien fait.
A 34 ans, Liz Carlyle travaille pour le célèbre
MI5. Elle fait partie du groupe antiterroriste inter-services.
Ce lundi matin, à la réunion de 8h30, le souci
arrive avec l'entrée sur le territoire d'un "invisible".
"Un invisible, c'était la formule qu'employait la
CIA pour désigner le summum du cauchemar en matière
de renseignement : le terroriste, homme ou femme, qui grâce
à ses origines ethniques, celles du pays cible, peut
franchir les frontières en passant inaperçu, se
déplacer sur le territoire du pays en question sans soulever
la moindre objection, et infiltrer les institutions avec une
grande facilité. Un invisible, c'était la pire
des nouvelles." D'après les bruits qui courent,
plusieurs opérations anti-occidentales seraient programmées.
Tous les services vont être sur les dents.
On peut être l'ancienne directrice du MI5, donc avoir
énormément de matière pour mettre dans
ses romans sans pour autant arriver à s'en dépatouiller
et, surtout, avoir du style. Mais ce n'est vraiment pas le cas
de Stella Rimington qui, avec ce premier livre publié,
nous emmène dans un magistral roman d'espionnage. Histoire
excellente (facile, me direz-vous), bien rythmée, avec
un personnage principal bien dense (la dame s'en explique en
fin de roman) et une fin haletante. C'est du bel ouvrage.
Stella Rimington s'est attelée au second, on espère
qu'il sera aussi bien que L'invisible !