Traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Nicolas Richard
Série Noire - 331 pages
"Nick
Ray, c'est le gus qui vous plantera toujours, comme dit mon ex-femme
Cheryl. Nick Ray a son charme, vous dira-t-elle, mais ce n'est pas
le bon cheval, même dans une course bidonnée, il trouvera
le moyen d'arriver deuxième. Si vous voulez mon avis, vous
dira-t-elle, ce type est une naze."
Nick, c'est le narrateur de cette histoire. Il végète
à l'hôtel Lincoln, à Long Beach, un trou paumé
de Californie, où il est portier de nuit. "Comment j'en
sui arrivé là ? La réponse la plus simple, c'est
que je picole. Si je devais fournir une réponse plus circonstanciée,
il faudrait que je cite plein de noms, que je fournisse des détails,
que je donne des explications. Mais en gros, on en revient toujours
à la première réponse : je picole […] Et,
quitte à choisir, j'ai opté pour la boisson plutôt
que pour une vie réussie".
Un jour, Nick tombe sur un bon plan d'ordinateurs d'occasion. Il les
monte dans sa chambre et en commençant à voir ce qu'ils
ont dans le disque dur, il s'aperçoit que ce sont d'anciennes
machines du FBI, pas entièrement nettoyées avant d'avoir
été mises au rebut et que dessus, il y a des listes
de personnes bénéficiant du programme de protection
des témoins, le tout avec leurs nouvelles identités
et adresses ! Aidé de ses acolytes (Joe, le Mec au Bras aux
Asticots, un ancien avocat viré junkie et Sergei, "un
as de la gonflette, gavé de stéroïdes, costaud
comme un Monsieur Muscles des plages", psychopathe incontrôlable
- vous savez, ces gens qui ne supportent pas la contradiction - venu
des Pays de l'Est, au look des plus terribles), il décide de
retrouver les témoins et de les faire chanter… Mais entre
Nick qui foire tout et le trio où la confiance ne règne
pas entre les membres, les choses vont être ardues…
Panne sèche est un grand éclat de rire où, entre
les personnages hauts en couleurs et les situations les plus folles,
on a pas le temps de s'ennuyer. Rob Roberge frappe un grand coup avec
ce premier roman prometteur mené à cent à l'heure("Les
choses se produisent trop vite, on passe du coq à l'âne
et j'ai l'impression de ne pas arriver à suivre. Il faudrait
que tout ralentisse pour que je pige. Mais je n'ai pas fermé
l'œil de la nuit, j'ai regardé Sergei braquer un flingue
sur ce type et là je suis happé dans un publi-reportage"),
et au style ravageur.