Mondial
2006 ! L’occasion pour Denis Robert de nous donner une autre
vision du football : argent, corruption, dopage… tout y est.
Même les noms !
Ca y est, c’est parti ! Le plus grand show planétaire
qu’il se puisse imaginer, le grand barnum indépassable,
le rendez-vous universel, la communion extatique et (quasi) unanime
devant les grand-prêtres du Dieu ballon rond a débuté
avec tambours, trompettes… et tout le reste !
Tout le reste ? Oui. Tout ce que l’on ne voit pas, dont personne
ne parle jamais et qui pourtant est l’essence même de
ce sport hégémonique (que "j’adore"
aussi) : l’argent et ses conséquences. Dopage, escroqueries,
blanchiment d’argent sale, paris truqués, corruptions,
systèmes mafieux…
Et qui se colle au réquisitoire ? Notre justicier préféré,
celui que l’on adorerait avoir pour copain, celui dont on suit
avec intérêt chaque nouveau livre : Denis Robert. Le
Denis Robert de l’affaire Clearstream, pour faire simple (lire
La domination du monde).
Et comme ce type est aussi fondu de foot que nous (voire plus), son
propos n'en prend que plus de relief.
Fort d’une relation ancienne avec un agent de joueur, Denis
Robert profite de l’aubaine pour mettre sur la place publique
les grosses combines du football professionnel, avec noms et cas concrets
à l’appui. Tout y passe…
Les transferts et les commissions délirantes et croisées
que se partagent allègrement joueurs, dirigeants et agents
de joueurs. Un système si bien rôdé que certains
clubs (et certains entraîneurs et présidents de club)
renouvellent quasi intégralement leurs effectifs chaque saison,
des joueurs étant même achetés et revendu la même
saison sans raison apparente. L’objectif unique est de générer
des commissions perçues pour chaque achat et chaque vente.
Des noms ? Tout le monde ! Courbis, Roux, Ferguson, Wenger, Tigana,
Houiller, et de moins connus mais tout aussi rapaces…
Le dopage généralisé. Entre révélations
plus ou moins étouffées sur l’OM de la grande
époque et les piquouzes obligatoires de la Juventus de Turin
de Zidane et Deschamps, pas un grand club européen qui puisse
échapper au soupçon ni aux preuves d’ailleurs
! La Juventus, par exemple, dont la pharmacie perquisitionnée
il y a six ans a révélé un stock de médicaments
équivalent à celui d’un hôpital de taille
moyenne en charge d’un ville de 40 000 habitants !
Les droits télé exorbitants qui transforment chaque
rencontre en "nuit des publivores", et chaque commentateur
sportif en bateleur d’estrade contraint de tenter de faire passe
n’importe quel match soporifique de seconde zone (au hasard,
un palpitant Toulouse – Le Mans de Ligue 1) pour un sommet de
spectacle footballistique.
Les matchs truqués dont les scandales commencent à se
rapprocher dangereusement du championnat de France. Déjà
coulé, le prestigieux Calcio italien dont on découvre
depuis quelques semaines qu’il était, depuis bientôt
deux décennies, entièrement entre les griffes de Fiat
(Agnelli et la Juventus de Turin) et de Mediaset (Berlusconi et le
Milan AC) : 13 titres sur quinze derniers sont allés à
ces deux clubs ! Coulé également le modeste championnat
belge noyauté par les triades chinoises qui, pour les besoins
de paris sur Internet, achètent sans scrupules joueurs et entraîneurs
pour obtenir les scores escomptés. Menacé, le championnat
français qui aurait fait l’objet de premières
approches de la part des mêmes triades chinoises, notamment
à l’occasion d’un récent Metz-Lyon un peu
trouble…
Des anecdotes, des témoignages, des révélations,
des analyses, Le milieu du terrain de Denis Robert en est truffé.
On retiendra particulièrement cette idée énoncée
page 161 et qui, à elle seule, à le mérite de
parfaitement résumer la nouvelle "philosophie" du
football : "Le foot professionnel fait plus pour la mondialisation
que toutes les réformes politiques. Il fait accepter dès
8 ou 10 ans la sélection, la précarisation, le mercenariat,
la loi du plus fort, le spectacle de l’hyper-richesse et, en
filigrane, la corruption et le dopage. Un vrai programme du Medef,
qui s’étale deux heures par soir à la radio et
trois fois par semaine à la télévision."