Et
si le cinéma influençait notre vision du monde
d’une manière que nous ne soupçonnons pas
? Plongez dans un roman où les sectes secrètes
et le sexe ne font pas bon ménage.
Jonathan Gates est un jeune homme qui grandit en Californie
dans les années 1950. Dingue de cinéma, il fréquente
une salle de San Francisco qui projette les classiques. Il finit
par devenir l’amant de la propriétaire, Clare,
qui en est aussi la programmatrice. Clare va l’initier
autant au sexe, à l’amour qu’à la
cinéphilie la plus pointue. Il va ainsi découvrir
par hasard l’existence d’un génie oublié,
Max Castle, dont il deviendra le spécialiste universitaire
reconnu. Cette découverte va le plonger dans les arcanes
d’un monde secret où une secte complote afin de
prendre le pouvoir.
Voilà comment l’on pourrait raconter en quelques
mots un roman qui se décline au long de 750 pages, un
roman-monde dans lequel vous vous immergerez avec délectation.
Il aurait été idéal de vous recommander
ce livre avant les vacances de fin d’année. Cela
dit, tout n’est pas perdu. Voilà une œuvre
qui occupera vos longues soirées d’hiver.
Ne vous laissez pas décourager par le rythme un peu languissant
au début. Comme Stephen King, Théodore Roszak,
l’auteur, ne vous fait grâce d’aucun détail.
Mais, ce qu’il nous narre par le menu est passionnant.
Si vous avez aimé le côté Alexandre Dumas
du Da Vinci code, vous trouverez dans ce roman une conspiration
Cathare à faire frémir et des personnages attachants
dont nous suivons l’évolution sur une vingtaine
d’années.
Ce livre est aussi une des descriptions les plus fournies sur
la cinéphilie depuis la biographie de Truffaut parue
voici quelques années. Cette description se double d’une
réflexion sur l’essence du cinéma à
la portée philosophique.
Ce qui fait le charme du livre, c’est ce passage incessant
à différents degrés de lecture. L’un
des passages les plus étonnant n’en est pas moins
le final, en totale rupture avec l’ensemble du récit,
et pourtant...
L’auteur est un universitaire californien reconnu pour
des essais sur l’information et la science. La conspiration
des ténèbres est son troisième roman. Et
moi je vous le dis, ils en ont dans le ciboulot, nos amis américains
!