Granville,
la Manche, ses pêcheurs en mer. Depuis la deuxième Guerre
Mondiale, les rancoeurs vont bon train. Joël Le Borgne, dit Caïn,
dit Le Poète, alcoolique notoire, en veut à mort à
la famille Taupin, dont le père aurait dépouillé
les pêcheries du sien, un soir de partie de cartes trop arrosée…
Le fils Taupin laisse courir, assis sur la fortune familiale et ses
moulières.
L'autre fortune du port, c'est la famille Charcot "Taupin, Charcot
: collabos"… comme dirait Caïn.
Laguigne est un homme triste qui vient enterrer son père quasiment
inconnu et qui ne lui a laissé que trois carnets où
il se raconte. Trois carnets qui parlent de sa jeunesse, trois carnets
où reviennent les noms de Taupin et Charcot… Pour poursuivre
la mission que s'était fixée son père, Laguigne
va se faire embaucher chez Charcot…
Laguigne va rencontrer le fameux Caïn, qui est au sommet de sa
gloire : une nuit de beuverie, il a vu une tête empalée
sur un pieu à marée basse… le lendemain, les flics
ne retrouvent rien, mais peut-être a-t-elle été
emmenée par la marée…
En tout cas cette agitation ne va rien amener de bon, il ne fait pas
bon fouiller les poubelles de l'histoire, même si celles-ci
ressemblent à des casiers à bulots.
Sylvie Rouch marque son retour avec un roman hommage aux bulotiers
et à Granville qu'elle connaît bien pour y avoir habité
longtemps. Comme justement exprimé en quatrième de couverture,
l'atmosphère oscille entre Simenon et Daeninckx. L'histoire
est bien trouvée et les personnages bien campés. Il
ne manque qu'une petite étincelle pour donner une dimension
bien plus grande au roman.