Traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Jean-Luc Piningre
10/18 - 272 pages
Rapports
amoureux et rapports de couple sont auscultés par un connaisseur
du cœur et de l’âme. Il nous émeut souvent
et profondément.
Les romanciers américains ont souvent eu le fantasme d’écrire
un roman total, qui permettrait de saisir l’essence de l’esprit
du peuple américain, à travers la sociologie, la poésie,
etc. Le modèle étant les romans de John Dos Passos où
chaque strate de la société est représentée.
Souvent, le fantasme du Grand Roman Américain pousse les auteurs
de ce pays à nous délivrer un menu exhaustif : entrée,
plat principal, légumes, fromages, digestif et dessert. Sympa
mais bourratif.
Il y a peu, du roman bourratif au roman Big Mac avec supplément
de frites. Souvent quand on rentre dans une librairie et qu’on
déambule le long des tables, on soupire à la vue de
ce qui ressemble plus à un pavé qu’autre chose.
Idéal pour assommer d’éventuels intrus dans votre
maison mais aussi digeste qu’une truffade.
Richard Russo est un écrivain fort apprécié de
ses pairs et qui a écrit quelques romans à succès.
Un homme presque parfait ou Le déclin de l’empire Whiting.
Ces romans sont si consistants qu’ils ont été
adaptés au cinéma ou à la télévision
par Paul Newman, qui est un grand fan. Cela donne des récits
tout à fait agréables à regarder : des sagas
sur des êtres un peu paumés, qui n’ont pas forcément
réussi leur vie et le savent bien.
J’ai essayé de lire ces deux livres et j’ai cru
avoir été piqué par la mouche tsé-tsé.
Au bout de chaque paragraphe, et sans raison, je m’assoupissais.
Le phare de Monhegan, c’est bien autre chose. Nous découvrons
dans ce recueil de 7 nouvelles, un auteur capable d’aller à
l’essentiel et de nous bouleverser avec tact, émotion
et subtilité. Un auteur soucieux de nous raconter des histoires
sans que l’on sache forcément ce qu’il est nécessaire
d’en penser.
Encore nous faut-il être honnête : les cinq première
nouvelles de ce livre sont formidables. Les deux dernières
sont un peu inégales.
Je vous conseille la nouvelle éponyme et La botte, dans laquelle,
une femme lasse de la monotonie de sa vie de couple, décide
de s’enfuir en prenant la route et en emmenant son fils de douze
ans dans l’aventure.
Lorsqu’il n’écrit pas des fresques, Richard Russo
se révèle pertinent et touchant en amateur de vignettes
dans lesquelles il cisèle le moindre trait. Le plaisir procuré
par la lecture de ses nouvelles, nous emmène en Americana,
ce pays que nous connaissons par cœur où les gens roulent
dans des grosses voitures et picolent plus que de raison.
Achetez ce livre de poche et fourrez-le dans votre grand sac, quand
vous partirez en vacances. Sa lecture à l’ombre des branches
de cerisier vous fera le plus grand bien.