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| SAMIZDATT
Revue littéraire
Numéro 1
Juin/Septembre 2004 |
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Un
nouveau magazine littéraire est né. Samizdatt
est trimestriel, se vend dans la rue et publie, pour son premier
numéro, un texte unique, et jubilatoire, de Xavier Heriss.
Jowebzine.com aime !
Samizdatt se vend dans la rue. C’est-à-dire que
pour une fois, il va falloir guetter les petits vendeurs à
la sauvette pour vous procurer un produit dont vous serez demandeur
(à moins que je ne rate cette chronique). Samizdatt est
une revue littéraire de poche qui coûte 2,50 euros
et paraîtra dès septembre en trimestriel. Pour
l’heure, le numéro 1 tourne jusqu’à
la rentrée, solidement armé.
Je sais, le souci de la vente de rue c’est qu’elle
souffre de cette sale image, type produit manufacturé
en squat par des olibrius à tifs gras, parlant un sabir
ponctué de "tu vois" et de ronds de vapeurs
bleutées ; les objets vendus tenant davantage du prétexte
à la quête que d’un quelconque artisanat
boitillant. Samizadtt est à peu près du même
tonneau mais la différence qui en fait un objet d’une
rare qualité est notoire : l’ambition.
Si l’aventure trouve clientèle, cette clientèle
pourrait bien aider à la naissance d’une petite
structure (avant que de maison nous parlions) d’édition.
Nicolas Robin et Edouard Baudouin, initiateurs, mise-en-pagistes,
comité de lecture et rédacteurs de Samizdatt mettent
déjà un certain nombre de billes de leur côté
pour que ce projet de longue haleine fasse son chemin et conquiert
un terrain pourtant difficile d’accès.
A commencer par le texte unique de ce premier numéro
(les prochains verront s’afficher plusieurs auteurs et
nouvelles) : Revoir Marie, d’un méritant Xavier
Heriss, sorte de blague pseudo autofictive dans laquelle un
honnête jeune homme amoureux qui se rendait chez sa douce
dans le XIe arrondissement de Paris, se retrouve transmuté
dans le corps de Piocre, un jeune guerrier magadu des confins
africains. D’une précision quasi chirurgicale,
le texte de Heriss est, la plupart du temps, à ricaner,
voire à se franchement marrer.
Échantillon gratuit :
"Après cinq heures de marche on n’avait vu
qu’une petite dizaine d’herbivores paisibles sur
les hauteurs d’une colline (…) Mon compagnon chantait
des chants de conjuration en continu… A l’instant
où je pensais "mais faites-le taire !" j’entendis
un cri horrible. Un cri monstrueux qui résonna en moi
jusqu’à activer un réflexe primal de fuite.
Je couru 300 mètres en moins de 29 secondes. (Merci mon
nouveau corps). Quand je m’arrêtais, mon compagnon
était déjà réparti parmi les estomacs
d’un demi millier d’animaux différents, allant
de la mouche au guépard."
Des petites perles de cet acabit courent tout au long de ce
numéro 1 et leur assemblage donne, on le souhaite, le
la des cuvées à venir. De quoi rendre hilares
quelques passagers de nos si mornes transports en commun.
Parallèlement à ça, l’équipée
se fendra dès la rentrée de rééditions
de textes rares des Rimbaud, Baudelaire et consort, histoire
de s’ouvrir la porte des librairies.
Pour ce qui est des points de ventes à la sauvette, si
vous traînez du coté de la Bastille, du MK2 Beaubourg
ou de la place de la Sorbonne, avant de chasser d’un revers
de main l’inconnu qui vous aborde, tendez l’oreille,
si ça se trouve, c’est Samizdatt.
A votre bon cœur, Messieurs-Dames, à votre plaisir
surtout.
Sébastien D. Gendron
© Jowebzine.com - Août 2004 |
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