Certains
films peuvent changer la vie. Qui cherche trouve, film ordinaire conseillé
par un collègue, bouleverse l’existence de Tertuliano
Maximo Afonso. Professeur d’histoire au collège, 38 ans,
divorcé, celui-ci n’a pourtant pas une passion particulière
pour le cinéma, auquel il préfère les ouvrages
sur la Mésopotamie. Mais ce film est spécial : sous
les traits d’un portier d’hôtel, il découvre
son double parfait. Ce n’est ni un jumeau, ni un vague sosie.
Non : la ressemblance est parfaite.
Dès lors, Tertuliano n’a qu’une obsession, trouver
le nom de ce double et le rencontrer. Une recherche assidue, de l’intelligence
et quelques mensonges lui permettront d’obtenir ses coordonnées.
L’acteur acceptera-t-il de le rencontrer ? Comment expliquer
l’inexplicable ? Deux être semblables peuvent-ils coexister
? Quelles conséquences cette histoire aura-t-elle sur leur
identité ?
Laissons le lecteur découvrir la suite de cette histoire menée
avec brio par José Saramago.
Mêlant des ingrédients de roman à suspense, d’humour,
de réflexion sur l’identité et de tragédie,
L’autre comme moi se lit avec plaisir. José Saramago
s’amuse à ponctuer l’intrigue de digressions et
de remarques pleines d’ironie. Il nous donne ainsi l’illusion
de suivre son cheminement de pensée et de mieux comprendre
le travail d’écrivain, dans un style très personnel.
Ce roman, dont le titre français n’est pas très
accrocheur, n’est peut-être pas aussi réussi que
certains autres (pensons à L’aveuglement
par exemple). Le thème du double aurait mérité
d’être plus approfondi et certaines coïncidences
sont un peu grosses. Mais L’autre comme moi est une variation
intéressante sur le thème classique du double en littérature.