PAPILLON
EPINGLE
Grosse déception avec le nouveau roman d'un auteur qui
nous avait habitué à plus de souffle
Les héros de Schoendoerffer furent des icônes de
mon adolescence. Il avait su me faire rêver d’aventure,
de la Mer du Nord au Tonkin, avec des guerriers égarés
que le passage de l’Histoire avait épuisés
mais remplis de souvenirs et de rêves. Chaque livre laissait
une impression de légère tristesse, à l’image
de ces sourires esquissés par les statues extraites des
ruines d’Angkor, que la vision du monde berce de mélancolie
et de compassion. Plus je lisais et plus grandissait en moi
l’aspiration au voyage.
Après toutes ces années, sort l’Aile d Papillon.
Plein d’enthousiasme, espérant retrouver mes sentiments
de jeunesse, je me suis jeté dessus dès sa parution.
Et ai tenu vingt pages. Je n’ai pas pu aller plus loin.
Rarement ai-je lu un livre aussi mauvais dans la forme comme
dans le fond. Le livre met en scène un "vieux con",
impossible de qualifier autrement celui qui toutes les deux
lignes prodigue conseils, morale, références à
la Bible et sentences sur ce qu’est devenu le monde. Le
tout alterné avec une pseudo-histoire que le personnage
doit écrire pour un de ses amis plus jeune.
Le passé ne se rattrape pas, il s’altère,
vieillit (le lecteur comme l’écrivain). Si vous
éprouvez de la nostalgie, allez plutôt lire l’Ignorance
de Kundera. Mais économisez-vous les 20 euros que doit
coûter ce livre.