"C’est
une bien triste chose que de nos jours il y ait si peu d’informations
inutiles."
Les Miscellanées* de Mr. Schott viennent démentir
l’aphorisme d’Oscar Wilde. Certes, si cet opuscule
de 150 pages rassemble en 45 067 mots une rapsodie d’informations
disparates, celles-ci peuvent se révéler, ponctuellement,
tout à fait… précieuses !
Ainsi, ne cherchez plus jamais la citation qui vous manquait,
ou bien comment désigner le type de nuage qui habite
votre ciel aujourd’hui. Trouvez vite, aussi, l’alphabet
en langue des signes, le surnom des clubs de football, l’essentiel
du jargon de bistrot, voire les métaux de l’alchimie,
le menu de première classe du Titanic le 14 avril 1912
(la veille du naufrage, il y avait donc déjà de
la glace au dessert), la composition du Big Mac, la terminologie
Bonsaï, la nomenclature des reliefs des planètes
et des satellites, le calibre des œufs en Europe et en
Amérique du Nord, l’échelle de dureté
des mines de crayon, les années du zodiaque chinois ou
les caractéristiques de l’arche de Noé !
Tout est dans ce très raffiné 19x12 qui sera toujours
à portée de main pour épater la galerie
en étalant une pauvre - mais toujours bienvenue - marmelade
d’érudition (érudition : poussière
tombée d’un livre dans un crâne vide, Ambrose
Bierce, voir page 34), ou, plus modestement, pour rafraîchir
sa connaissance des toutes petites choses, broutilles, vétilles
si petites qu’elles en sont parfaitement humaines.
Samuel Johnson écrivait qu’en s’attachant
aux petites choses, on atteint au grand art et surtout à
l’art d’avoir le moins de peine et le plus de bonheur
possible. C’est tout ce que je peux souhaiter à
l’acquéreur des Miscellanées de Mr. Schott.
*Miscellanées : recueil d’écrits divers,
"choses mêlées". N’est-ce pas joli,
et plus juste que pot-pourri, vade-mecum, compendium, amphigouri…
Florilège aurait pu convenir ! On a échappé
à la banale encyclopédie, qui eût été
de surcroît à contresens du format ramassé
de l’objet.