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     LiVReS
 
LA PEUR DES BETES
Enrique SERNA

Traduit de l’espagnol (Mexique)
par François Gaudry

Phébus - 256 pages
"A quarante-cinq ans, amolli par les beuveries, corrompu par ses relations quotidiennes avec la pègre institutionnelle, Evaristo avait besoin de se remémorer qu'à un moment de sa vie il avait été un journaliste honnête. Il en avait besoin pour se revoir dans ce passé et y assister, avec une stupeur renouvelée, à son naufrage dans la pourriture. Ainsi, au moins, évitait-il de s'accoutumer à l'abjection qui, pour Maytorena et les siens, était une habitude, une manière d'être. Il avait réussi, jusqu'à un certain point, à garder ses distances avec son chef, mais cela ne rachetait pas ses fautes. En tant que secrétaire de Maytorena, il ne s'occupait que des tâches administratives, na participant jamais aux arrestations ou fusillades. Mais s'il tirait une petite part de gâteau des affaires de son supérieur, il recevait aussi des éclaboussures de sang lorsqu'il y avait des cadavres à la clé. Il pressentait cette fois que ses remords ne seraient pas passagers."

Evaristo Reyes est donc flic et travaille pour son boss, Maytorena, corrompu jusqu'à la moelle. La mort d'un écrivain contestataire à qui il avait rendu visite quelque temps auparavant, va le mettre dans une position difficile. Reyes, mal-aimé, va avoir du mal à sauver sa peau…

Ce polar démontre qu'au Mexique (dont on retrouve la noirceur, les difficultés de s'en sortir…), le milieu littéraire peut être plus corrompu (et oui) que celui de la police. Le début avec le constat posé par Evario est excellent, le livre est captivant, bien mené, sanglant parfois, mais, malheureusement un peu plus faible sur la fin.


Christophe Dupuis
© Jowebzine.com - Novembre 2006
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