Traduit de l’espagnol (Mexique)
par François Gaudry
Phébus - 256 pages
"A
quarante-cinq ans, amolli par les beuveries, corrompu par ses relations
quotidiennes avec la pègre institutionnelle, Evaristo avait
besoin de se remémorer qu'à un moment de sa vie il avait
été un journaliste honnête. Il en avait besoin
pour se revoir dans ce passé et y assister, avec une stupeur
renouvelée, à son naufrage dans la pourriture. Ainsi,
au moins, évitait-il de s'accoutumer à l'abjection qui,
pour Maytorena et les siens, était une habitude, une manière
d'être. Il avait réussi, jusqu'à un certain point,
à garder ses distances avec son chef, mais cela ne rachetait
pas ses fautes. En tant que secrétaire de Maytorena, il ne
s'occupait que des tâches administratives, na participant jamais
aux arrestations ou fusillades. Mais s'il tirait une petite part de
gâteau des affaires de son supérieur, il recevait aussi
des éclaboussures de sang lorsqu'il y avait des cadavres à
la clé. Il pressentait cette fois que ses remords ne seraient
pas passagers."
Evaristo Reyes est donc flic et travaille pour son boss, Maytorena,
corrompu jusqu'à la moelle. La mort d'un écrivain contestataire
à qui il avait rendu visite quelque temps auparavant, va le
mettre dans une position difficile. Reyes, mal-aimé, va avoir
du mal à sauver sa peau…
Ce polar démontre qu'au Mexique (dont on retrouve la noirceur,
les difficultés de s'en sortir…), le milieu littéraire
peut être plus corrompu (et oui) que celui de la police. Le
début avec le constat posé par Evario est excellent,
le livre est captivant, bien mené, sanglant parfois, mais,
malheureusement un peu plus faible sur la fin.