Laurent
Martin, auteur de polar, Grand Prix de Littérature à
Cognac pour L’ivresse des Dieux, fait paraître depuis
le mois de mars un mensuel dédié au polar, 90 pages
où se côtoient les grandes maîtres du genre et
de plus petits prétendants.
La principale qualité de Shanghai Express, c’est qu’il
fallait y penser. Il manquait une revue polar, après le très
technique et hélas disparu Mystère. Le pari de Stéfanie
Delestré et de Laurent Martin était de sortir un magazine
grand public en couleur offrant un tour d’horizon d’actualité
d’une littérature qui fait de plus en plus parler d’elle.
Shanghai Express est née de cette envie.
Mais Shanghai n’a rien d’un catalogue uniforme de références
des dernières choses à lire. Le sommaire est toujours
éclectique : entretiens (Peace, Westlake, Podalydès
…), chroniques (rock, DVD, livres, films), textes originaux
(nouvelles, feuilletons, extraits de romans à paraître),
code pénal illustré, faits divers. On y adapte aussi
les grands thèmes du mag’ en kiosque : une chronique
beauté (Chandail Express, avec Jean Bernard Pouy en pull mohair
fuchsia qui nous cause soin de peau et parfums virils), l’inévitable
horoscope qui profite du signe du mois pour digresser vers les dernières
sorties qui feront de vous un lecteur heureux en pleine possession
de ses chacras. Et l’ours des rédacteurs est plutôt
alléchant (Hervé Claude, Jean Bernard pouy, Mark Twain,
Francis Mizio, Yasmina Khadra, Olivier Mau, Didier Daenincks, Jean
Mecketr pour ne citer qu’eux).
Tous les mois, Shanghai est habillé par un nouvel illustrateur
(Pinelli pour le premier numéro, Claeys pour le second, Montellier
pour le troisième, Slocombe à venir) donnant un ton
particulier à chaque parution.
Bref, je ne saurais trop vous conseiller la fidélité
mensuelle à cette revue qui, pour le prix d’un livre
de poche, rassemble ce qui se fait de mieux sur la planète
polar, avec un ton général moins technique que drolatique.