| Un
polar sud-américain, mais surtout un livre bientôt
trentenaire et pourtant toujours aussi pertinent sur la société
brésilienne.
C'est la mort de Carlinhos, petit voleur de voitures exécuté
les mains liées dans le dos par du fil de nylon, qui
remet les projecteurs de l'actualité sur Mateus Romeiro.
Homme honorable, policier renommé, Romeiro est adulé
et considéré comme le dieu de la police carioca.
"Une figure, quoi, bravant tous les périls, étalé
dans tous les journaux, ami de la haute société
et membre distingué d'un groupe d'élite, les
Hommes de Fer, les seuls capables d'anéantir les plus
grands crimes et de maîtriser les criminels les plus
abominables"… Sauf que derrière cette façade
semble se cacher un gros flic corrompu, coupable de trafics,
méfaits, chantages et autres magouilles… Mais
il est intouchable.
La république des assassins est le portrait de Romeiro
et de la société qui l'entoure, c'est le portrait
d'un Brésil où "le crime n'abolit pas les
différences" et qui paraît bien gangrené
par la corruption. La multiplicité des points de vue
(témoignage, interviews, derniers instants de vie…)
donne du rythme à ce court et excellent livre brésilien
qui date de 1976 mais n'a rien perdu de sa verve.
Christophe Dupuis
© Jowebzine.com - Décembre 2003
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