Que
lacheteur compulsif des dernières heures avant
Noël ne sy trompe pas, les livres vedettes de cette
fin dannée ne laissent plus la place au doute :
2003 sera désertique ou ne sera pas.
Avant que linternaute désabusé par ces premières
lignes aux airs de vision apocalyptique ne nous raye définitivement
de ses adresses fétiches, précisons que Paco Rabanne
na en aucune façon trempé dans cet article.
Non, cette terrible prédiction deviendra une évidence
pour chacun sitôt que lon aura foulé les
moquettes des grandes librairies.
Au rayon beaux livres, du désert à perte de vue,
de la dune sur toutes les couvertures glacées, comme
si les chasseurs dimages avaient tous ressenti cette année
un besoin vital de grands espaces, et deviné quavec
du sable ou des cailloux, ils détenaient du rêve.
Et lon découvre alors de superbes ouvrages, souvent
spécialisés dans les déserts de sable comme
le Sahara, mais offrant de merveilleuses vues sur ces endroits
du monde qui nous sont si lointains, autant par leurs paysages
que par la vie qui sy déroule miraculeusement,
contre lhostilité des éléments.
Parmi ces livres, lun deux retient lattention,
car il présente les déserts de la planète
dans leur plus grande diversité, et sous forme de reportages
successifs très différents les uns des autres
: Déserts du monde présenté par le magazine
Géo, écrit sous la direction dEve Sivadjian,
aux Editions Solar, est ainsi le fruit des expéditions
de treize journalistes, guides de haute montagne, guides sahariens,
géographes et autres, tous passionnés de grands
espaces.
Chacun nous décrit à sa façon (carnet de
bord ou présentations thématiques) le désert
quil a exploré, et qui appartient à lun
des 5 types de déserts du monde, types qui correspondent
aux 5 parties de louvrage : les déserts de sable,
de pierre, de sel, de végétaux et de glace.
Au fil des pages, on trouvera ainsi, parmi les déserts
de sable, de superbes photos des dunes du Moursouk. Plus loin,
on apprendra que dans le désert du Namib, le verbe lézarder
perd tout son sens, si lon en croît le pauvre Aporosaura
anchietae, lézard dont la température en milieu
de journée atteint 70°C, et qui est obligé
de lever les pattes alternativement deux à deux pour
ne pas se brûler sur le sable. Cest dur, la vie...
Et ce nest peut-être pas mieux dans les déserts
de pierre, tel Uluru Kata Djuta, en Australie, le plus grand
monolithe du monde, un "désert couleur incendie"
dont les photos - splendides - semblent irréelles. Le
voyage se poursuit dans le sel, avec notamment le lac Assal
dans la Death Valley (Californie), qui offre un paysage peu
habituel et des sculptures naturelles étonnantes.
Enfin, avant de plonger dans les déserts de glace avec
les icebergs géants et majestueux de lAntarctique,
on ressentira une profonde humilité devant les paysages
des steppes du désert végétal de Gobi,
où lherbe a envahi ces vastes étendues balayées
par des vents fous, et où des Mongols trouvent encore
la force daffronter des étés torrides et
des hivers de glace. Ici on est bien loin des prévisions
de Nathalie Rihouet...
Toutes ces photos extraordinaires complétées par
des commentaires très fournis, aussi enrichissants sur
les plans humain que scientifique, constituent 207 pages dun
ouvrage unique, à découvrir.