APRES
LA PLUIE, LE BEAU TEMPS
Un récit allégorique sur la portée des
événements fortuits dans la vie des hommes.
Ou plus précisément de la vie d’un homme
qui prend un soin extrême depuis son enfance - traumatisée
par la persécution nazie - à ce que rien de notable
ne vienne perturber son quotidien ponctué d’habitudes
immuables et scrupuleusement chronométrées.
Jonathan Noël vit seul à Paris, volontairement à
l’écart de tout ce qui pourrait venir perturber
son confortable train-train de planton de base, installé
dans son petit chez-soi protecteur, attendant consciemment,
médiocrement, égoïstement, patiemment et
philosophiquement l’issue fatale qui devait constituer
le seul événement notable à terme que lui
réservait banalement le destin.
Jusqu’au jour où… ce qui constituerait pour
la plupart d’entre nous un micro-événement,
prend la forme d’une véritable catastrophe, perturbatrice
au plus haut point et à l’origine d’un véritable
cauchemar pour notre pauvre hère : un pigeon a investi
le couloir d’accès à sa petit chambre de
bonne améliorée. Panique, remises en question,
stratagèmes, abandon, réflexion, désespoir,
haine, délires… Jonathan Noël passe par tous
les états de l’homme traqué, paranoïa
ridicule, tragique et pleine de parallèles, magnifiquement
scénarisée par l’allemand francophile Patrick
Süskind dont la plume précise nous avait déjà
époustouflés dans un roman d’anthologie,
Le parfum - Histoire d’un meutrier.
A noter l’excellence de la traduction de Bernard Lortholary
qui contribue à faire de cette centaine de pages un grand
moment de plaisir littéraire.