DES MORTS QUI
DERANGENT
Paco Ignacio TAIBO II
et Sous-commandant MARCOS
Traduit de l’espagnol (Mexique)
par René Solis
Rivages/Thriller - 207 pages
Morales,
c'est un nom qui fait froid dans le dos, un nom qui rappelle les pires
années, un nom qui "confirme l'idée que le système
avait versé des pots-de-vin au diable en personne", un
nom qui va rassembler Hector Belascoaran Shayne et le Sous-commandant
Marcos qui lui envoie une enveloppe avec un gros dossier Morales et
un mot disant "Recevez notre salut à tous et le mien personnel.
Il y a quelques semaines sont parvenues entre nos mains des notes
de l'écrivain Manuel Vasquez Montalban trouvées après
sa mort dans ses papiers par son fils, et qui attirait puissamment
l'attention sur un personnage qu'il appelle "Morales". Nous
ignorons les circonstances de l'enquête menée à
Barcelone à l'origine de ces notes. Nous ne savons pas si elles
étaient destinées à un prochain roman ou à
quelque chose de beaucoup plus sérieux, ou aux deux. Vu que
ça ressemble à un puzzle pour détective, j'ai
pensé que vous seriez peut-être disposé à
nous aider pour le tirer au clair. Inutile de dire que le personnage,
s'il existe, peut être extrêmement dangereux. Si vous
acceptez de collaborer à l'enquête, le camarade Elias
Contrario sera votre contact permanent. Dans le cas contraire, nous
vous demandons la plus extrême discrétion. Une accolade
depuis les montages du Sud-Est mexicain, Sous-commandant insurgé
Marcos".
Cet excellent polar écrit à quatre mains par Paco Ignacio
Taibo II et le Sous-commandant Marcos ne manque ni de sel ni de style.
On connaissait celui de PIT II depuis longtemps, on connaissait les
articles du Sup (comme l'appelle Elias Contrario), mais on ne lui
connaissait pas un tel talent de romancier et là, il nous épate.
C'est à la demande du susdit que le livre a vu le jour, avec
l'idée d'aborder l'histoire contemporaine du pays. Force est
de constater que tout y passe et que le constat est affolant. Avec
brio, les deux hommes nous emmènent sur les traces du mal,
dans un pays ravagé par tous les maux, avec une pointe d'humour
pour ne pas nous assommer complètement, et une pointe d'espoir,
pour continuer à lutter. Chapeau bas.