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| TECKEL
Revue de "Folies littéraires"
N°1 - Printemps 2004
Les Contrebandiers Editeurs - 96 pages |
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Nouveau
venu sur la scène de la revue littéraire, Teckel,
sous la houlette de Jean-Bernard Pouy, se livre à une
intellectualisation crétinisée du rien du tout.
On adore !
La quatrième de couverture de cet objet ne vous renseignera
qu’à moitié sur son contenu. Un lapidaire
laconique "Les articles de la revue Teckel ont été
rassemblés par Jean-Bernard Pouy" y sous-titre le
croquis hautain d’un teckel signé Iris.
En revanche, si vous avez commencé, comme c’est
l’usage, par lire la couverture, vous êtes au courant
du sommaire et des auteurs qui se partagent les 96 pages de
l’ouvrage. On y aperçoit Pouy, Oppel, Mizio et
Minet au milieu d’une quinzaine de complices dont les
opus portent des titres plutôt incongrus : Tentative d’épuisement
du cadran d’un micro-ondes, La question Vandammienne,
Notes circulaires aux généraux et chefs de corps,
pour les moins épineux.
Alors vous ouvrez ce machin et c’est le début de
la grande déconne version université d’été
d’une bande de thésards hallucinés qui s’ébrouent
sur les étagères poussiéreuses de la dialectique
du n’importe quoi. C’est ça Teckel.
On y trouve de tout dans tous les sens et principalement de
l’enfilage de mouches pour le plaisir de l’enfilage.
Avec en ligne de mire le tracassant défi de rendre hommage
à l’Oulipo, aux cahiers de Pataphysique et à
l’Os à Moëlle de M. Dac, chers directeurs
de conscience et grands instigateurs de la blague intelligente,
du gag complexe, de l’art de la capilitraction et de la
tétracapilovéctomie (1).
Ce premier numéro de Teckel apparaît donc comme
une sorte de caprice du Docteur Pouy comme il sait si bien les
mener, armé là de confrères en masterclass
tel cette profonde analyse psycho-comportementale de Jean-Claude
Vandamme, cette biographie à double fond d’un contemporain
de Brasillach et Drieu La Rochelle nommé Paul Grignon
ou encore la fameuse tentative de Pouy à épuiser
par le menu les suites de chiffres de l’horloge d’un
micro-ondes.
Une seconde partie se livre aux jeux, comme si le reste se piquait
d’amidonnage, jeux au nombre desquels on retiendra le
marronnier du cinoche, inventaire exhaustif mais ouvert des
répliques répétitives du grand écran
dans la veine de "Ne vous occupez pas de moi, je les retiens"
ou "Vite, de l’eau chaude et des serviettes".
Il y a à prendre et à laisser dans ce Teckel n°1
parce qu’il y en a pour tous les goûts. Pour ceux
qui cherchent vraiment les poils sur les œufs on conseillera
une étude de texte de la monomanie du nombre d’or
qui semble coller au doigt de ce Rémy Schultz qui remet
deux fois le couvert sur le même thème, voire encore
le Premier cahier Ouphépopien d’Alexis Dantec,
exercices de style qui poussent à ses limites l’extension
de cette revue de "Folies littéraires".
Mais l’intention est impeccable. Sous cette couverture
immaculée bouillonne une intellectualisation crétinisée
du rien du tout comme la déteste tant les tristes figures.
On ne sait pas quand naîtra la prochaine portée
de ce clebs bien intentionné, mais son pedigree est déjà
assuré.
Sébastien D. Gendron
© Jowebzine.com - Septembre 2004
(1) Umberto Eco invente ce terme joyeux dans
Le pendule de Foucault, qui définit la science enseignant
l’art de couper les cheveux en quatre. |
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