PETIT TRAITE
SUR L’IMMENSITE
DU MONDE
Sylvain TESSON
Ed. des Equateurs - 166 pages
Invitation
au voyage.
Le Petit traité sur l’immensité du monde n’est
pas un récit de voyages de plus : il s’agit surtout d’une
philosophie nomade, d’une réflexion engagée et
subtile sur le voyageur d’aujourd’hui. Celui-ci voyage
contre le temps.
"En réglant son compte à l’espace, le nomade
freine la course des heures. Peu lui importe que passent les instants
puisque, obstinément, il les remplit des kilomètres
qu’il moissonne. (…) Le temps n’est pas un cheval
dont on peut enrayer l’emballement en lui tirant la bride, il
est donc préférable de le laisser galoper et de se venger
de sa course en bouffant soi-même le monde. Au tic-tac de l’horloge,
le voyageur répond par le martèlement de sa semelle.
Un kilomètre abattu, c’est dix minutes gagnées.
La marche à pied oppose au rouleau du temps la mesure de l’espace."
(p 18)
Sylvain Tesson a passé une partie considérable de sa
petite trentaine d’années à voyager en Europe
et en Asie. Plus jeune, à l’adolescence, il était
un stégophile assidu, escaladait la nuit les toitures, avec
une prédilection pour celles des cathédrales. Aujourd’hui,
il aime toujours les hauteurs mais passe plus de nuits dans les arbres
que sur les toits de Notre Dame.
Ses nombreux voyages, il les a effectués à pied, en
vélo ou à cheval, refusant de se laisser porter par
des moteurs, à quelques exceptions près (la moto en
Russie…). Représentant actuel des "wanderers",
il recherche la solitude en humaniste, plus attiré par les
forêts et les monts que par le bruit des villes. Il dit vouloir
finir sa vie dans une cabane. "Au cours de mes futures années
dans les bois, ma porte sera ouverte en permanence à tout le
monde à condition bien entendu qu’il ne passe jamais
personne."
A la fois critique de l’ordre établi et éloge
de la nature et de la route, ce petit traité est une véritable
invitation au(x) voyage(s).