LE
GRAND DIAMANT DES HOGGARTY
William Makepeace THACKERAY
Traduit de l’anglais par Paul Choleau
Éditions Climats - 184 pages
Découvrez
les aventures d’un jeune homme pauvre que tout le monde
croit riche parce qu’il porte un diamant que lui a offert
sa tante… Et découvrez l'un des plus grands auteurs
anglais du XIXe siècle.
Un des périls de notre société de consommation
actuelle est l’absence de mémoire. Les lois du
marché ne permettent pas de s’occuper d’hier.
Et les maisons d’édition soumises aux lois du marché
ne développent aucune recherche pour valoriser la culture
des siècles précédents. Quelques icebergs
surnagent (Proust, Balzac, Molière) mais les étrangers
(c’est-à-dire les auteurs qui n’ont pas la
chance d’être français), les maisons d’édition
ne veulent pas en entendre parler.
Enfin, pour relativiser, je parle des grandes maisons qui dominent
le marché. Car, heureusement, quelques courageux installés
en province (c’est-à-dire en dehors du septième
arrondissement de Paris) s’occupent de faire fructifier
le capital culturel de l’humanité. C’est
le cas des Editions Climats installées à Castelnau-le-Lez
et qui nous proposent de découvrir Le grand diamant des
Hoggarty de William Makepeace Thackeray.
Les admirateurs de Kubrick savent que Barry Lyndon est l’adaptation
d’un roman de Thackeray. Certains ont entendu parler du
Livre des snobs ou de La foire aux vanités. Les cinéphiles
fétichistes se souviennent que Thackeray était
interprété par Roland Barthes dans le film d’André
Téchiné consacré aux sœurs Brontë.
Thackeray est né en 1811 en Inde. Il fait les études
classiques d’un gentleman à Cambridge, visite l’Allemagne
et la France. En 1836, il épouse une femme qui lui donnera
deux enfants mais deviendra folle et sera internée. Selon
la loi anglaise, il ne pourra plus se remarier. Bon mangeur,
bon buveur, il engloutit la fortune de ses parents dans des
placements hasardeux. Collaborateur du journal satirique Punch,
il est connu pour son humour et son sens de la satire. Il meurt
en 1863.
Le grand diamant des Hoggarty est publié en 1842, en
feuilleton dans un journal sous le pseudonyme de Michael Angelo
Titmarsh. Il nous narre les débuts dans la vie, d’un
jeune homme sans argent, Samuel Titmarsh, qui se doit d’être
très gentil avec sa tante parce qu’elle a beaucoup
d’argent et qu’il en a bien peu.
Samuel travaille dans une compagnie d’assurances qui n’a
rien à envier à celles que nous connaissons. Une
des raisons pour lesquelles vous devez lire ce roman, en dehors
de son écriture alerte et savoureuse, est la description
faite par Thackeray du monde du travail, des financiers et des
arrivistes.
Donc la culture servirait-elle à se rendre compte que
nos maux et problèmes ne datent pas d’aujourd’hui
? Élémentaire, mon cher Thackeray !