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SPEEDWAY
Philippe THIRAULT

Point Seuil - 158 pages

Philippe Thirault n’en est plus à son coup d’essai, il s’est déjà fait remarquer avec Hémoglobine blues et Heureux les imbéciles, des polars trash et délirants. On retrouve avec plaisir Harvey, son personnage fétiche, un bon petit-gars, un amnésique aux fonctions cérébrales très limitées.

C’est à Ashleen, Texas, que Harvey coule des jours heureux. Il est équarrisseur chez Mr Doolittle, il dépèce des cadavres de vieux bourrins puants, des zébus et toutes sortes d’animaux "exotiques", il arrive même qu’on aperçoive une jambe ou un bras qui ont quelque chose d’humain... Harvey est obéissant et toujours prêt à rendre service au patron, il est content de travailler. Faut dire que l’équarrissage, c’est pas trop compliqué : "Il faut juste avoir un odorat pas superbement développé et ne pas grincer des dents quand le couteau racle l’os."

Harvey est aussi pompier volontaire, ce n’est pas le dernier à répondre présent lorsqu’il faut aller affronter les flammes. Sa petite ville de province est victime de plusieurs incendies criminels, l’occasion pour Harvey de prouver son courage et de nous faire partager le spectacle des corps calcinés et autres "surprises" écœurantes rencontrées lors de ses interventions.

Le réconfort, il le trouve dans les bras et surtout entre les cuisses d’Amber, son rayon de soleil pour lequel il confectionne des petits cadeaux dans de la peau de gnou ou de zébu.

Ce bonheur idyllique est soudain remis en cause par une succession de meurtres, des jeunes filles blondes. Les incendies criminels, les meurtres et la disparition d’un bus scolaire rempli de jeunes gens, tous ces évènements troublent la tranquillité d’Ashleen à la veille des élections municipales. Comme si cela ne suffisait pas Harvey fait la connaissance d’un agent du FBI qui est persuadé de le reconnaître. Harvey serait Anthony, agent superdoué aux service du FBI, soigné suite à un accident grave l’ayant rendu amnésique... Tout commence à s’éclaircir, si, si.

Toujours est-il que le lecteur est baladé d’une scène à l’autre dans un rythme effréné, goûtant avec délice les multiples scènes gores qui ponctuent le roman. C’est en effet la marque de fabrique de Philippe Thirault, nous faire sourire alors même qu’il nous décrit le spectacle le plus horrible qui soit. Certainement son roman le plus réussi et le plus maîtrisé, le tout servi par une écriture jubilatoire.


Maxime Maillard
© Jowebzine.com - Février 2003
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