Philippe
Thirault nen est plus à son coup dessai,
il sest déjà fait remarquer avec Hémoglobine
blues et Heureux les imbéciles, des polars trash et délirants.
On retrouve avec plaisir Harvey, son personnage fétiche,
un bon petit-gars, un amnésique aux fonctions cérébrales
très limitées.
Cest à Ashleen, Texas, que Harvey coule des jours
heureux. Il est équarrisseur chez Mr Doolittle, il dépèce
des cadavres de vieux bourrins puants, des zébus et toutes
sortes danimaux "exotiques", il arrive même
quon aperçoive une jambe ou un bras qui ont quelque
chose dhumain... Harvey est obéissant et toujours
prêt à rendre service au patron, il est content
de travailler. Faut dire que léquarrissage, cest
pas trop compliqué : "Il faut juste avoir un odorat
pas superbement développé et ne pas grincer des
dents quand le couteau racle los."
Harvey est aussi pompier volontaire, ce nest pas le dernier
à répondre présent lorsquil faut
aller affronter les flammes. Sa petite ville de province est
victime de plusieurs incendies criminels, loccasion pour
Harvey de prouver son courage et de nous faire partager le spectacle
des corps calcinés et autres "surprises" écurantes
rencontrées lors de ses interventions.
Le réconfort, il le trouve dans les bras et surtout entre
les cuisses dAmber, son rayon de soleil pour lequel il
confectionne des petits cadeaux dans de la peau de gnou ou de
zébu.
Ce bonheur idyllique est soudain remis en cause par une succession
de meurtres, des jeunes filles blondes. Les incendies criminels,
les meurtres et la disparition dun bus scolaire rempli
de jeunes gens, tous ces évènements troublent
la tranquillité dAshleen à la veille des
élections municipales. Comme si cela ne suffisait pas
Harvey fait la connaissance dun agent du FBI qui est persuadé
de le reconnaître. Harvey serait Anthony, agent superdoué
aux service du FBI, soigné suite à un accident
grave layant rendu amnésique... Tout commence à
séclaircir, si, si.
Toujours est-il que le lecteur est baladé dune
scène à lautre dans un rythme effréné,
goûtant avec délice les multiples scènes
gores qui ponctuent le roman. Cest en effet la marque
de fabrique de Philippe Thirault, nous faire sourire alors même
quil nous décrit le spectacle le plus horrible
qui soit. Certainement son roman le plus réussi et le
plus maîtrisé, le tout servi par une écriture
jubilatoire.