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IMAGES DE TOI
Matt THORNE

Traduit de l’anglais
par Maryvonne Ssossé

Au Diable Vauvert - 364 pages
L’avantage de l’été, en dehors du temps ensoleillé, des vêtements légers et de l’envie de buller, c’est sans conteste la mansuétude qui vous saisit lorsque vous lisez. En effet, en été, on se sent gentil, compréhensif. On est prêt à lire un petit quelque chose qui ne nous ennuie pas, qui nous distraie sans faire de manière.

L’été est donc la période idéale pour lire le premier roman de Matt Thorne, Images de toi, paru au Diable Vauvert. Ce roman, conçu en séquences courtes où l’on passe du personnage féminin au personnage masculin, ne va pas vous filer la migraine. Il a la politesse de se lire et d’être achevé sans qu’on s’en soit rendu compte.

Matt Thorne avait lancé, avec Nicholas Blincoe, le Manifeste des Nouveaux Puritains (où l’on retrouvait Anna Davis, Geoff Dyer ou Alex Garland) qui prônait, tel un Dogme pour la littérature, une écriture dénuée d’artifice, où la temporalité serait respectée. Ce manifeste avait été d’autant plus accueilli avec mépris en France, que le terme "puritain" évoquait l’ordre moral et que nos chers intellectuels y avaient détecté des intentions rétrogrades.

Matt Thorne doit avoir la petite trentaine et il décrit la vie de Martin, 35 ans, rédacteur en chef d’un mensuel branché et qui est sur le point d’être viré. Martin est marié mais peu fidèle. Sa femme le vit mal, mais le lui rend bien (en terme d’infidélité). Il sort tous les soirs pour retrouver une bande d’amis qu’il côtoie depuis l’adolescence. Allison est l’assistante de Martin dans ce mensuel branché où sa carrière piétine. Elle partage son appartement avec son petit ami et sa sœur (pas la sœur du petit ami, mais sa sœur à elle !) D’ailleurs sa sœur et son petit ami se comportent comme des amants mais elle ne le voit pas. Allison a la vingtaine. Elle est jolie mais s’en doute-t-elle ? Le roman s’apparente au conte de fée car il va falloir un certain nombre de pages pour que Martin se rende compte qu’Allison est importante pour lui et vice-versa.

Ce qui est intéressant, pour peu qu’on s’y laisse prendre, est la description du milieu branché londonien où ces jeunes adultes surnagent. Bon point aussi, la fluidité narrative. Et puis les prémisses d’une histoire d’amour pour les cœurs d’artichaut que nous sommes.

Ce qui est bizarre, c’est que le roman finit au moment où l’on souhaiterait qu’il commence. Cela dit, entre une sieste crapuleuse dans un hamac et le sacro-saint apéritif du soir, vous pouvez vous plonger dans le Swinging London actuel, où l’alcool et la cocaïne, le sexe et ses nombreuse pratiques, vous permettront de passer le temps.

La prochaine fois, mettez-nous un peu de consistance dans votre roman, Monsieur Thorne. Vous savez, comme la levure pour les gâteaux, cela permet à l’attention du lecteur de croître.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Juillet 2003
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