Traduit du danois
par Orlando de Rudder et Nils Ahl
L'Aube Noire - 236 pages
C'est
l'été à Copenhague et la température est
caniculaire. Presque tout le monde est en vacances, la capitale est
déserte, mais il reste quand même quelques personnes
"prisonnières du boulot en ville" dont le narrateur,
journaliste. Celui-ci déambule dans les rues à l'heure
de l'apéritif sans but précis, jusqu'au moment où
il entend de la musique. Il se rapproche du lieu et a la surprise
de constater que le groupe est emmené par Carsten, un vieil
ami à lui, avec qui il jouait il y a une quinzaine d'années.
"Un tout parfait. Oui, c'était l'été. L'été
à Copenhague. Pas la moindre menace de nuage. Pas le moindre
mauvais présage. Du moins, pas avant que le groupe, au grand
complet, la fille toujours à l'écart, ne joue le thème
pour une dernière fois. Au moment précis de la coda,
voici que Carsten vacille, comme ivre, le corps saisi de convulsions.
La guitare lui glisse des mains, il s'écroule et demeure allongé
tandis que le groupe, ce second Titanic, termine le morceau."
Carsten meurt. On croit à une overdose, mais il apparaît
qu'il a été empoisonné. Le journaliste, dont
femme et enfants sont en vacances et qui a du temps libre, va se retrouver
à mener l'enquête avec le pince-sans-rire Ehlers, flic
avec qui il avait déjà collaboré dans Mortels
lundis (chez le même éditeur).
Ce deuxième et dernier polar de Dan Turèll (l'homme
est décédé en 1993), remet en scène le
même duo d'enquêteurs avec tout autant d'habileté.
L'histoire est bien menée, l'auteur y dresse le portrait de
Copenhague dans les années 80, dommage qu'il n'y en ait plus
à lire.