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LA VIERGE DES TUEURS
Fernando VALLEJO

Belfond - 193 pages
Un roman désespérant sur la Colombie d'aujourd'hui où la vie d'un homme ne vaut pas grand-chose… et, plus généralement, sur notre raison d'être sur cette terre.


L'écrivain Fernando Vallejo est né en 1942 à Medellin. Il a étudié la philosophie et les lettres à Bogota, puis la réalisation cinématographique à Rome. Il a écrit plusieurs scénarios et réalisé trois films à Mexico dans les années 70, où il vit actuellement.

Lorsqu'il retourne en Colombie, c'est toujours avec le désespoir de voir le pays s'enfoncer de jour en jour dans la violence et la drogue. Sa Colombie est en proie à tous les excès, la violence et la drogue font la loi, les enfants tuent, mais parfois un ange apparaît... Pour cet auteur, qui ne croit pas en Dieu, et qui a renoncé au pays tel qu'il était dans son enfance, il n'y a rien de plus beau que ces enfants qui fument le basuco et tuent sur commande ou parfois juste parce que "l'enfer, c'est les autres".

La vierge des tueurs, c'est l'histoire d'un écrivain qui revient à Medellin après trente ans d'absence et tombe amoureux d'Alexis, un jeune sicaire (un sicaire est un tueur à la solde des narcotrafiquants).

C'est un roman en partie autobiographique, mais, selon l'auteur, il ne s'agit pas de déclencher une prise de conscience. Il écrit uniquement pour se soulager. Après tout, si les lecteurs se sentent concernés, ce n'est pas son problème. Il se sent vieux et proche de la mort. Beaucoup d'amertume mais aussi d'espoir transparaît dans La vierge des tueurs.

Ce livre est une révélation. L'Europe a de la chance. On vit dans un pays où l'on peut bousculer quelqu'un dans la rue sans que celui-ci ne vous tue d'une balle dans la tête pour ça. Cependant, la lecture de ce roman ne rassure nullement et n'apporte aucun soulagement. C'est un témoignage, une trace à un instant précis de l'histoire de la Colombie, un pays qui s'enfonce de plus en plus dans une violence quotidienne, dont les journaux occidentaux se font de temps à autre l'écho sans qu'aucune voie de sortie ne semble se dessiner.

Un roman sombre à l'image de la vision de l'homme selon Fernando Vallejo : "L'humanité ne va nulle part, sauf vers la mort. Tout ce que nous faisons dans la vie, c'est faire semblant de nous occuper pour nous donner une raison de vivre. L'homme est sur Terre depuis quatre milliards d'années et l'on peut donner une explication biologique à son apparition, mais cela ne signifie pas que la vie ait un but. L'homme est une machine programmée pour l'acte sexuel et pour assurer sa descendance. Mais aujourd'hui le droit de se reproduire n'existe pas. Il n'y a que du vide à combler et la mort au bout du compte. Nous finirons détruits par les flammes et par les vers."


Alexandra Grandmougin
© Jowebzine.com - Février 2004
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