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LE PRINCE DE GALLES
John WILLIAMS

Traduit de l’anglais par Christine Raguet

L'Esprit des Péninsules - 311 pages
Le prince de Galles clôt la trilogie de John Williams (Le cycle des docks) avec un texte mêlant roman noir et histoire d'amour, le tout sur fond de désenchantement.


"Ce qui arrivait à la ville flinguait la vie de Bobby Ranger. Il y a encore cinq ans, elle avait son petit train-train. C'était simple : se lever le matin, régler les affaires domestiques - courses, etc. ; à midi tu filais au Custom House, t'en faisais sortir ta gagneuse pour l'installer sur le trottoir, pour le gros coup de bourre du déjeuner, pendant qu'à l'intérieur, tu te marrais un coup et que tu te faisais une partie de billard […] C'est pas que c'était une super vie, ça Bobby le savait. C'était rien d'autre que des lieux que n'importe qui de respectable aurait fui à toute allure, sûr, mais rien ne les obligeait à y aller. […] Seulement, petit à petit, tous les gens respectables le lui dérobaient. Ils avaient commencé par le North Star, ils l'avaient démoli pour construire une galerie marchande à la place. Là-bas, en plein milieu des docks. […] Et, à présent, ils allaient démolir le Custom House."

Foutues rénovations immobilières. Avec elles, la ville se modifie, sacrifiant des pans entiers qui ne plairaient pas aux nouveaux habitants… Il va donc falloir se recyler… Le prince de galles clôt la trilogie de John Williams (Le cycle des docks) avec les thèmes chers à l'auteur (les docks, les milieux interlopes, la vie de nuit…).

John Williams nous dresse de beaux portraits, passe sa ville au crible en regrettant son uniformisation fade et stérile et emmène le lecteur dans un texte mêlant roman noir et histoire d'amour, le tout sur fond de désenchantement.


Christophe Dupuis
© Jowebzine.com - Avril 2005
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