Le
prince de Galles clôt la trilogie de John Williams (Le
cycle des docks) avec un texte mêlant roman noir et histoire
d'amour, le tout sur fond de désenchantement.
"Ce qui arrivait à la ville flinguait la vie de
Bobby Ranger. Il y a encore cinq ans, elle avait son petit train-train.
C'était simple : se lever le matin, régler les
affaires domestiques - courses, etc. ; à midi tu filais
au Custom House, t'en faisais sortir ta gagneuse pour l'installer
sur le trottoir, pour le gros coup de bourre du déjeuner,
pendant qu'à l'intérieur, tu te marrais un coup
et que tu te faisais une partie de billard […] C'est pas
que c'était une super vie, ça Bobby le savait.
C'était rien d'autre que des lieux que n'importe qui
de respectable aurait fui à toute allure, sûr,
mais rien ne les obligeait à y aller. […] Seulement,
petit à petit, tous les gens respectables le lui dérobaient.
Ils avaient commencé par le North Star, ils l'avaient
démoli pour construire une galerie marchande à
la place. Là-bas, en plein milieu des docks. […]
Et, à présent, ils allaient démolir le
Custom House."
Foutues rénovations immobilières. Avec elles,
la ville se modifie, sacrifiant des pans entiers qui ne plairaient
pas aux nouveaux habitants… Il va donc falloir se recyler…
Le prince de galles clôt la trilogie de John Williams
(Le cycle des docks) avec les thèmes chers à l'auteur
(les docks, les milieux interlopes, la vie de nuit…).
John Williams nous dresse de beaux portraits, passe sa ville
au crible en regrettant son uniformisation fade et stérile
et emmène le lecteur dans un texte mêlant roman
noir et histoire d'amour, le tout sur fond de désenchantement.