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L’OMBRE DU VENT
Carlos Ruiz ZAFON

Traduit de l’espagnol par François Maspero

Grasset - 528 pages
Pour vos vacances, ou pour conjurer la chaleur des soirs d’été, découvrez le plus grand auteur du XXIe siècle naissant. Il vous racontera une splendide histoire d’amour, de mort et de littérature.


Un matin d’été 1945, à Barcelone, un père emmène son fils dans un lieu mystérieux appelé le Cimetière des Livres Oubliés. Un endroit dont il ne faut parler à personne. Un lieu où les livres ont une âme et où ils attendent, patients, le lecteur qui saura les ramener à la vie.

Dans ce cimetière, sorte de gigantesque bibliothèque labyrinthique, Daniel Sempere, le jeune garçon, va prendre un roman : L’ombre du vent, d’un inconnu appelé Julian Carax.

Rentré chez lui, il va dévorer ce roman d’une traite. Par la suite, il n’aura de cesse de découvrir qui a été Julian Carax et pourquoi un énigmatique inconnu au visage ravagé, court la ville en rachetant ses romans pour mieux les détruire.

Voilà le point de départ du plus grand roman publié depuis … Depuis quand, au fait ? L’auteur Carlos Ruiz Zafon est né en 1964. Après des études chez les jésuites, il travaille dans la publicité et écrit des romans pour enfants. L’ombre du vent est son premier roman traduit en français, mais il en a écrit d’autres.

Pourquoi est-ce un grand roman ? Parce que, comme toute œuvre importante, il raconte un apprentissage. Le jeune Daniel va être initié à la vie grâce à la littérature. Il connaîtra l’amour et le désespoir, le désespoir et l’amour.

Dans L’ombre du vent, la lecture permet de découvrir la vie avant de la vivre. Elle est aussi ce plaisir défendu qui s’avère une richesse, quelque chose comme une armure qui vous protège des assauts du monde.

Il y a également un portrait remarquable de cette ville, Barcelone, qui comme toutes les grandes villes est un territoire de fiction. Et une description au vitriol de ce que furent les années du Franquisme. Cette peur au ventre qui tenaillait tout un chacun dans la vie quotidienne, le fait que la police pouvait se livrer en toute impunité aux pires exactions.

Évidemment, L’ombre du vent recèle deux histoires d’amour poignantes et des portraits de femme d’une sensualité et d’une profondeur infinies… Évidemment, le récit abonde en personnages truculents et situations insensées. Et évidemment, comme dans les romans du XVIIIe siècle, le narrateur est un miroir, chacun lui raconte une histoire et peu à peu il reconstitue le puzzle des existences détruites.

L’ombre du vent est un roman qui vous met en transes. Vous ne pensez qu’à le continuer. Quand vous le lisez, vous devenez hermétique aux contraintes du monde extérieur. Quand vous l’avez fini, vous venez de terminer une de vos plus belles histoires. Une seule solution : le relire.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Août 2004
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