Eric
Cantona peut être considéré comme l'un des
plus grands joueurs français contemporains et le plus
emblématique, ça c'est certain.
Sa carrière de footballeur terminée, il s'est
lancé vers des aventures picturales, cinématographiques
et photographiques… Plein de ressources le footeux ! Et
en plus de tout cela il accompagne son frère dans la
promotion du beach soccer (football de sable) qui devrait, à
terme, devenir une discipline olympique. Il est d'ailleurs entraîneur
et joueur de l'équipe de France de Beach…
Que dire du personnage ? Posé, intelligent, respectueux,
drôle, talentueux (non ! je ne suis pas payée pour
dire cela et je le fais en toute objectivité).
Eric Cantona a exposé ses photographies en duo avec un
grand ami à lui, Richard Aujard. Les photographies d'Eric
peuvent être qualifiées d'abstraites : il aime
mettre en exergue le détail, l'infiniment petit. Il aime
que l'on regarde finalement ce qui n'est pas forcément
perceptible ou pas forcément regardé pour montrer
le beau et magnifier l'insignifiant. L'objet capturé
n'est pas saisissable de prime abord car il focalise sur des
points tellement petits… L'accent est mis sur les contrastes
des couleurs qui dominent dans ses clichés. En effet,
le noir et le jaune-orangé sont les teintes prédominantes
de son travail et elles contribuent à mettre encore plus
en valeur le détail ainsi que la précision de
son travail de représentation.
La rencontre avec le footballeur, avec le photographe, avec
l'homme, avec le personnage qu'est Eric Cantona restera un superbe
moment. Dommage que plusieurs journalistes et télévisions
locales fassent le pied de grue derrière la porte du
bureau car Olivier Minaire (le photographe) et moi aurions pu
bavarder des heures, je crois. Il possède une grande
sensibilité et un regard d'artiste : on le voit à
travers ses photos, mais on le ressent également à
travers ses mots, son regard franc et sa volonté de trouver
le mot juste lorsqu'il défend un argument.
Personnage de légende, Eric Cantona a accepté
de répondre au questionnaire de Jowebzine.com et je le
remercie encore.
ENTRETIEN
Bonjour Eric Cantona.
Vous êtes assis confortablement ?
Bon, alors voilà : Jowebzine.com a une bonne et une mauvaise
nouvelle à vous annoncer… et dix questions à
vous poser.
On y va ?
D'abord la mauvaise nouvelle : la fin du monde est pour la semaine
prochaine.
Maintenant, la bonne nouvelle : vous serez le seul survivant
(ou presque) et vous avez, en plus, le pouvoir de sauver 10
monuments de votre Panthéon personnel.
Voici les thèmes, à vous de désigner (et
de commenter) les heureux élus !
Le disque que vous souhaitez sauver Il y a deux choses que j'aime :
la musique classique et fantaisie militaire de Bashung.
Le film que vous souhaitez sauver In the mood for love de Wong Kar-Wai.
C'est l'histoire d'un amour impossible mais beau.
Le livre que vous souhaitez sauver Lettre à un jeune poète
de Rainer Maria Rilke.
La bande dessinée que vous souhaitez sauver Berceuse assassine, un polar-thriller
de Tome (Philippe Vendevelde) et Ralph Meyer. C'est une BD ultra
violente dans laquelle Joe le Taxi ne songe qu'à tuer
sa femme Martha. Et sa femme ne songe qu'à le tuer aussi.
Lecture qui peut donner des insomnies…
L'homme que vous souhaitez sauver Ce serait quelqu'un de ma famille
et il y en aurait plusieurs : mon fils, mon père, mon
frère…
La femme que vous souhaitez sauver Ma mère, ma grand-mère,
la femme que j'aime. (mais vous allez constituer une
tribu ! … rires) C'est comme lors du tsunami lorsqu'une
mère a dû choisir de lâcher un de ses deux
enfants ! vous me demandez la même chose ! c'est horrible.
L'objet, le lieu ou le monument que vous souhaitez sauver Je sauverai l'espace en général
car je suis claustrophobe. Le monument que je sauverai c'est
la femme que j'aime.
L'émission de télé que vous souhaitez sauver Pas Star Academy car cela ne m'intéresse
absolument pas : c'est de la manipulation, de l'abrutissement.
Le plat que vous souhaitez sauver Les brochettes de grive de ma mère,
chassées par mon père.
Votre œuvre personnelle que vous souhaitez sauver Je me sauverai moi.