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     ReNCoNTReS
 
MY CONCUBINE
Ils se sont rencontrés dans un pub à Londres. Ils ont sorti un premier album (My Concubine) en 2000 et viennent d’en produire un tout nouveau tout beau, intitulé La tangente (sorti fin janvier 2005), une collection de pop-songs mélodiques extrêmement séduisantes.

Confrontés à nos questions de fin du monde, ils ont été très loquaces… Jugez plutôt.


INTERVIEW

Bonjour, Eric Falce. Bonjour Pascale Kendall.
Vous êtes assis confortablement ?
Eric - Avec une bouteille de Monthélie c'est parfait.

Bon, alors voilà : Jowebzine.com a une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer… et dix questions à vous poser.

On y va ?
Eric - Allons-y !

D'abord la mauvaise nouvelle : la fin du monde est pour la semaine prochaine.
Eric - Ca nous laisse un peu plus de temps que prévu...
Pascale - J’essaie de vivre comme si cela était le cas…


Maintenant, la bonne nouvelle : vous serez les seuls survivants [Pascale - Oh, la chienlit !] (ou presque) et vous avez, en plus, le pouvoir de sauver 10 monuments de votre Panthéon personnel.

Voici les thèmes, à vous de désigner (et de commenter) les heureux élus.
Eric - Là le temps me semble court pour faire un choix... C'est cornélien ! Après la fin du monde, j'aurai changé d'avis...

Le disque que vous souhaitez sauver
Eric - L'intégrale de Brel. Pour l'amitié, la ripaille, pour un parcours de la naïveté à l'ironie, de L'abbé Brel à Mon oncle Benjamin, et un lyrisme qui, comme il l'indiquait, s’il ne faisait pas voir son cœur, permettait au moins de voir ses dents.
Pascale - Celui qui contient le Children’s Corner de Claude Debussy, et ses Arabesques (la première surtout).


Le film que vous souhaitez sauver
Eric - C'era una volta, il west de Sergio Leone. C'est une magnifique parabole, un ballet de morts façon commedia dell'arte, un vengeur, un riche propriétaire, un criminel attiré par les affaires, un bandit romantique et une putain. Ce film porte le genre au paroxysme et l’enterre ; il dépeint en la critiquant l’arrivée du monde moderne et la disparition d’un monde de héros révolus auquel appartiennent le Cheyenne et l’Harmonica. Ce film est un tableau, un Velasquez, plein de nostalgie pour un genre cinématographique, un monde, un temps et une enfance disparus.
Pascale - Sans réfléchir, Le Cave se rebiffe… Quand j’ai le blues, je me colle un Audiard… Cela dit, j’aime le cinéma British. Mike Leigh m’a beaucoup marquée, et en arrivant à Londres, j’ai tout de suite aimé High Hopes ou Abigail’s Party…
Eric - Audiard, Grangier, ça s’impose…


Le livre que vous souhaitez sauver
Eric - Mort à crédit de Céline. Pour son pessimisme chargé de vitalité, cette façon de romancer sa propre histoire avec délire. Il est naturel de ne pas aimer Céline ; Nimier l’avait souligné : "Le Diable et le bon Dieu se disputent très fort à son sujet".
Pascale - Toute la Recherche. Lire Proust, c’est entrer en littérature.


La bande dessinée que vous souhaitez sauver
Eric - Tous les Astérix pour l’humour de Goscinny (et bien sûr les dessins de Uderzo), les Blake et Mortimer de Jacobs, les Corto Maltese de Pratt et tous les Tintin. J’en prends un au hasard… Attention ! Coke en stock ! Parfait, parce que l’invraisemblable peut toujours arriver, comme à la 8e case de la première planche où Haddock se prend en pleine gueule au coin d’une rue le général Alcazar alors qu’il pensait à lui.
Pascale - Les personnages de Brétécher, mes Astérix et Gaston Lagaffe. Mon enfance, en somme.


L'homme que vous souhaitez sauver
Eric - L’homme de la Mancha pour qui la folie suprême est de voir la vie telle qu’elle est et non pas comme elle devrait être.
Pascale - Le mien… Le problème est que je dois encore passer des entretiens pour en choisir un, et que j’examine de près la short-list… Alors je me tâte encore… si j’ose dire !


La femme que vous souhaitez sauver
Eric - Surtout pas la mienne.
Pascale - Ma mère.


L'objet, le lieu ou le monument que vous souhaitez sauver
Eric - Venise, car je n’ai pas encore eu le temps de visiter.
Pascale - L’objet : mon rouge à lèvres. Le lieu : Paris (où je ne vis pas pour le moment, puisque je vis à Londres). Paris où je suis née, Paris qui me manque. Un monument ? Mon paternel… héhé… En fait, la tombe de son père, un grand-père que je n’ai pas connu, arrêté par la Gestapo en 42, Résistant mort du typhus en 45, avant la libération de son camp en Allemagne.


L'émission télévisée que vous souhaitez sauver
Eric - La météo pour savoir le temps qu’il fera après l’apocalypse.
Pascale - Ah, c’est dur… J’hésite entre Eastenders, série que tout le pays suit en GB sans l’avouer. C’est marrant, c’est comme lire le Sun : on se planque… et en fait, tout le monde connaît les ragots… Little Brittain, en ce moment, me fait bien rire, c’est retord à souhait et totalement politiquement incorrect. Sex and the City ne me lasse pas. Les 4 filles sont devenues mes copines, j’aime New York City, leurs fringues, et leurs réparties : Carrie Bradshaw émue devant une vitrine bavant devant une chaussure, et disant : "Hello, lover"… Ou laissant sur son répondeur le message suivant : "Je suis absente, mais mes pompes sont là"... Ça oui !


Le plat que vous souhaitez sauver
Eric - Les raviolis à la ricotta de ma maman, les fusilli de ma tante et les œufs en meurette (je prends les trois, sinon la vie ne vaut pas d’être vécue).
Pascale - Manger des huîtres, une dernière fois...


Votre œuvre personnelle que vous souhaitez sauver
Eric - Mes filles.
Pascale - Mes enfants, mon chef d’œuvre incontesté.


Merci Pascale et Eric du groupe My Concubine !
Eric - Avec plaisir. Merci à Jowebzine !

Nous transmettons votre liste à qui de droit…


Propos recueillis par Roland Caduf
© Jowebzine.com - Février 2005
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